29.06.2008
Les années collège
Dimanche 29 juin. Souvenirs, souvenirs....

Le samedi 28 juin, à Paris la « traditionnelle gays pride » avait pour thème la discrimination à l’école…
En Europe centrales (CEE), on ne parle pas de fierté mais de « Marche de la tolérance… » - quand elle est autorisée par les autorités...
Et c’est bien de cela dont il s’agit…Pas besoin d’être « pédé » pour subir harcèlements, injures et violences à l’école… Juste être différent.
Suite à ma dépression, je n’étais pas trop « dans le coup au collège ». Un petit gros qui ne parlait pratiquement pas, n’avait pas d’amis, et puis qui ne s’intéressait qu’à la Bio, l’Histoire et la Géo, l’Archéo. En plus vu que je ne regardais pas la télé, je ne risquais vraiment pas d’avoir de la conversation…. Bref, rien en commun avec les lourdingues de ce collège.
Comme j’étais incapable d’émettre un sentiment, j’étais pas abordable non plus (il a fallut que je réapprenne à rire et à pleurer-ce qui n’a été effectif que dans mes années de lycées –sans être un bout en train)
Cela aurait pu être cool, du genre « un vrai mec à la dur » et peu être que quelque part « ils » m’auraient accepté… Hélas !...Ajoutez à cela un coté « non violent » -toujours à cause de cet accident traumatique vers 4 ans – et le tableau était complet : pas besoin de faire beaucoup d’effort pour savoir à quoi j’ai été assimilé.
Mon frère avait des problèmes de croissance et était vraiment petit. Mais une fois que tu lattes les robignoles du connard en face de toi, ses dents sont bien callées en face de ton poing. On lui a foutu -après quelques départs en fanfare- une paix royale.
Sur ce coup j’étais vraiment nul car c’est bien ainsi que j’aurais du réagir dès les premiers jours et sarcasmes…
Ma 5eme a été l’année la plus noire de ma vie !
Le sommet, c’est peu être cette agression en rentrant chez moi… Le chemin passait entre l’arrière d’une caserne- fermée depuis- et le jardin des plantes. C’est là qu’ils me sont tombés dessus. Très courageux comme d’habitude, ces jeunes hyènes s’en sont prises au plus faible à plusieurs. (Et après ces bandes de cons osent faire des vannes sur les pédales qui n’ont pas de couilles….). Ce n’est pas le fait qu’ils m’aient projeté dans le caniveau, craché dessus et foutu des coups de pieds dont je me souviens le plus…
Non. Ce sont les rires des troufions qui regardaient me faire latter du haut des fenêtres de leur dortoir. Ils encourageaient les agresseurs qui fort de leurs impunités riaient aussi...
Ces rires, je les emporterais avec moi dans la tombe… Une cicatrice qui n’a jamais vraiment guérie. Comme une vielle blessure de guerre qui se réveille lorsque le climat est dégueulasse.

Mes années collège : Il y a des années que j’avais récupéré sur le web cette illustration qui me semble la plus à même de donner une idée de mon âme en ces temps là.
Par contre je ne sais pas qui en est l’auteur…
Le suicide ? Oui j’y ai pensé comme beaucoup de personnes qui subissent cela sans pouvoir exprimer ce qu’ils ressentent. Mais heureusement, je n’ai pas sauté de cette putain de fenêtre. Pour revenir à ce samedi, il parait que parmi les jeunes suicidés nombreux sont ceux qui passent à l’acte parce que victime d’homophobie (celle qu’ils ont en eux et celle des autres).Ils sont pas forcement homo d'ailleur... voir les montreuses tortures fin 2007 à Bagneux...
Ben si toi qui me lis tu penses au suicide, je peu te dire que c’est te priver d’un futur qui peut être merveilleux. Je ne regrette pas de ne pas avoir sauté… Et je le sais maintenant pour l’avoir vécu enfin après des années de souffrances et de doutes : PERSONNE N’EST INTERDIT DE BONHEUR, D’AMOUR, DE JOIE
Il y a eu ces monstrueux petits rires qui m’ont tailladé l’âme…
Il y a ses petits rires entre amis et collègues qui me la réchauffe et me la fortifie…
Bon pied, bon œil… Avec quelques années et kilos en moins… Profitez maintenant !

Quand j’étais ado, cela m’aurait peut être aidé d’avoir quelqu’un vers qui me tourner, plutôt que de me reconstruire seul-très lentement et de manière chaotique…A l’époque, il n’y avait pas le web ou d’associations (ou alors l’info ne m’est jamais parvenue)
Alors voilà : http://www.suicide-ecoute.fr/
Et puis pour ceux qui s’interroge sur leur cœur (ou ceux qui sont paumés après que leur meilleur pote leur ai parlé de son cœur) : http://www.mag-paris.fr/
PS : Ne cherchez pas de ma part une volonté de cautionner quoi que cela soit : l’amour n’a pas besoin de justification. Pas besoin d’être homo pour s’intéresser à ces choses… Juste être ouvert et puis refuser les amalgames et les étiquettes.
Je suis banal finalement : juste quelqu’un qui essaie d’aimer son prochain et de combattre ses préjugés…Mais cela c’est bien ce qu’Il nous a révélé non ? Faut-il avoir connu soi même l’enfer pour dénoncer celui subit par d’autre ?
Ils m’ont fêlé une côte, ces jeunes conards… Pas mes idéaux…
14:53 Écrit par Pierrot dans Tolerance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : college, tolerance, adolescence |
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