06.10.2008

Aller se faire cuire un oeuf

Cuisinez Zen ! Nos recettes pour les nuls
Cette accroche sur la couverture d’un magazine me rappel des souvenirs…

Existe il des personnes incapables d’aller se faire cuir un oeuf ?
Non… !  Impossible… !
Et ben je suis tombé un jour sur l’oiseau rare !

C’était à la fin de ma première année à Montmartre. Alors que je commençais sérieusement à chercher ailleurs vu que le loyer devenait intenable pour une seule personne…
Un soir en rentrant chez moi, je trouve sur le palier des affaires en désordre et une personne effondrée…
Il s’agissait de mon voisin de palier, un africain venant tout droit de l’autre coté de la mer qui se trouvait à la rue, victime d’un escroc …

A l’époque il y avait une pratique courante chez les malfrats parisien : ils forçaient la porte des logements inoccupés, changeaient la serrure et proposait ce logement - le plus souvent aux personnes pauvres ou débarquant dans le pays – se faisant payer rubis sur ongle.
Pas de trace, et, les miséreux -déjà suffisamment dans la mouise ou fragilisés par leur méconnaissances des lois- se trouvaient encore plus bas !

Dans le cas présent, lorsque le véritable propriétaire venant faire visiter ce logement qu’il croyait vide s’est trouvé d’une part à faire forcer SA propre porte et d’autre part avec des affaires occupant SON bien - juste avant le début de la trêve hivernale - n’a fait ni une ni deux : il a tout balancé dehors et fait rechanger la serrure dans la journée…


Bonne poire - ou  mère Theresa à balloches – j’ai hébergé ce « ex-voisin » quelques jours, le temps qu’arrive le samedi pour qu’il puisse se retourner…


CHOC DES CULTURES ET POIDS DES TRADITIONS !

Effectivement il était tout simplement incapable de tenir une queue de casserole !
Alors imaginez, se faire cuire un oeuf sur le plat …

Comment arrivait-il à s’alimenter ?
Ben à Paris il s’achetait des sandwichs ou bouffait dans les « Mac beurks ».et autres "grec"
Et avant ? Ben il était  dans son village africain, là où les hommes palabrent sous l’arbre du même nom tandis que femmes et filles se tapent tous le turbin : nettoyage de la maison et du linge, élevage et abatage de la volaille, récolte, broyage et cuisson des céréales…

Il n’avait jamais eu à apprendre tout cela et même cela aurait été déchoir que de savoir ces choses de « femelles »… Pour parachever le tableau : un coté religieux assez prononcé et à l’emporte-pièce… (Les religions du livre sont très pratiques pour justifier le baobab dans la main des personnes de mon sexe…)
Bref tout à fait à l’aise dans ces terres de la femme esclave, du millet et de la hutte en boue sèche, il était complètement à coté de la plaque au pays du MLF, du blé et du béton : le choc des cultures…


A entendre ses diverses mésaventures il ne semblait pas débrouillard : un vrai « Pas-de-Bol »… Avec le myope et plus ou moins bancale que je suis cela faisait la paire : « Pas-de-Bol » et « Fausse-couche ». La similitude avec TOP GUN s’arête là : il n’y pas eu de cuisson à la plancha…

Mais bon je ne lui jette pas le pierrot, vu le nombre de jeunes hommes et de jeunes femmes de Belgique ou de France qui appellent leur Mère-grand pour savoir comment faire un plat de lentilles…
 
Et oui, contrairement aux trésors de Don Patillo, c’est dans de l’eau FROIDE qu’il faut mettre les vertes lentilles du Puys !

Ben le passage de l’info sur ces petits riens culinaires a souvent un bug au nivaux de la génération intermédiaire…
Dommage…

17:35 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cuisine |  Facebook |

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