25.09.2009
Glissement sémantique
Fin de journée, je prends le bus 54 et m’installe vers l’arrière un bouquin à la main…
Sur les banquettes tout au fond trois jeunes demoiselles d’ébène « discutent »
Deux d’entre elles sont ensachée dans des tenues de sport immondes cachant et gâchant leur féminité. Quand à la troisième…
Seule la face émerge d’un tissu bleu enchâssant la tête, tombant sur les épaules, dissimulant presque entièrement toute forme : cheveux, cou, épaule, poitrine, ne forment plus qu’une masse bleue
Serait-elle debout contre un mur de la même couleur que ce visage semblerait être une décoration genre masque de No…
Mais les trois « parlent ».
Ou pour être exacte, dégueulent avec cet accent inimitable et ce peu de vocabulaire si caractéristique de nos « Técy ».
Aucune douceur dans la voix, aucun amour dans les traits, aucun sentiments dans les paroles autres que la haine, la violence, le dégoût, la frustration…
Ses courtes phrases envoyées à la gueule de leurs consœurs comme autant de Cocktails Molotov sont ponctuées par une éructation… Un mot qui en dit long sur le glissement opéré dans ces enclaves abandonnées...
Il ya cinq ans environ, leur petit échange entre amis, aurait été ponctué par de nombreux : « Sa mère » ; « la tête de ma mère », « vazytoikesketumekasseleskouilles »… » « sal batard ». Toujours avec ce rythme et cet accent qui en dit long sur la place de la tendresse et de l ‘amitié dans leur monde…
Toutes ces petites expressions qui déjà pour un « céfran » ayant le malheur de ce trouver à coté d’eux était d’une violence inouïe…
Toutes ces « agréables » ponctuations, ces «plus rien de féminine » personnes, les remplaçaient par une, et une seule, crachée comme une balle de fusil à pompe : « Coran »
Je ne sais si-il faut vraiment se réjouir d’un tel glissement sémantique
14:06 Écrit par Pierrot dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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