06.10.2009

Pépin linguistique

Qu’il est difficile de trouver l’inspiration…

Ecrire alors que sa vie n’a finalement plus rien d’excitant demande une certaine capacité à se jouer des mots…

Certes, les petits riens c’est juste des petites choses glanées dans le quotidien… mais mon quotidien lui même est il si extraordinaire ?

 

Et puis, Internet, n’est pas des plus aisé pour les personnes loquaces…

J’ai l’impression, que nous assistons à un appauvrissement du langage. D’aucun m’accolerait l’étiquette de  « fossile » car avec l’essor du SMS (messages sur les téléphones portables) des échanges via les logiciels tels que Skype, Messager ; Les gazouillis des « twitters »  … il y a une systématisation vers l’essentiel.

 

« Je mange une pomme.» simple concis direct, même si les « djeuns » seraient encore capables d’écrire bien plus court  « J Mje1 POM »…

Là j’avoue que pour avoir plus une fois fait face à ce type de prose, je jette l’éponge au bout de quelques « monologues » cabalistiques. Comment parler en effet de conversation quand votre interlocuteur vous à balancer une dizaine de phrases dans le même lapse de temps que vous, vous avez péniblement réussi à finir d’écrire en « bon » français- voilà l’erreur- la réponse à sa première question !

 

 

Je ne suis pas journaliste mais les écrits étant –en principe- destinés à être lus, j’ai bien peur que l’évolution vienne à transformer les articles, dossiers et autres proses en une succession de peaux de chagrins prémâchés qui seront tout aussi capables de passer sur un journal papier (regardez les gratuits comme 20 minutes) que sur le web et dans un avenir très proche sur des « téléphones » qui auront tellement de fonctionnalités communicantes qu'on finira par se demander si la « téléphonie » ne serait pas optionnelle…

La comprehenssion y gagnera. Quand au plaisir d’écrire ou de lire…

 

 

« Je mange une pomme »

Manger une pomme, cela aussi pourrrrait  être tout un programme !

 

Imaginons :

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Dans la petite corbeille, les fruits d’automne égaillent de leurs couleurs la table.

Le pimpant jaune tacheté de la golden ; le rouge intense de la fuji ; le vert profond de la Granny Smith… et là, moins uniforme, nos vieilles pommes à cuire : reine de reinettes ou boskoop, complètent le petit feu d’artifice…

 

Le regard attiré par ce foisonnement de couleurs, j’approche d’un fruit ma main.

Vais-je le croquer à pleine dent ?

C’est que j’ai eu des petits problèmes ligamentaires il y a des années. Comment donc imaginer ouvrir si grande la mâchoire et exercer la force nécessaire à la mastication sans –tel un boa- me démantibuler un tant soit peu l’articulation…

Ainsi, sortant de ma poche ce cher vieux laguiole qui ne me quitte pratiquement jamais, je découpe en quartier ce fruit qui n’a pourtant pas mérité de supporter autant de médisances populaires ou religieuses : « fruit défendu », « pomme de discorde »…

Il me faut prendre garde à l’angle d’attaque, afin de piquer de la pointe du couteau sans ripper sur la fine peau.

 

La partie intérieure, à la couleur plus soutenue, abrite les pépins. Je pourrais juste croquer comme cela, puis de ma langue habile, retrouver les brunes graines oblongues pour les expédier aux quatre vents… Mais, ce petit plaisir ne convient pas à un environnement citadin. De la pointe de mon couteau, je fais sauter de leur alvéole, les petits grains…

 

Il m’arrive même d’ôter la peau, tant il est difficile d’imaginer tout les produits chimiques que le pauvre fruit a du recevoir…

J’aurais put éplucher ma pomme entière, mais c’est tellement plus facile lorsque, tenant le morceau entre mes doigts, je glisse à partir d’une des pointes du quartier, ma lame entre la fine pellicule et la chaire…

Je pousse même souvent le vis à enlever cette partie fibreuse nichée au creux du fruit.

 

Enfin, Mes dents entament la chaire. Il y a une petite résistance au début, mais ce petit coté ferme est tout l’attrait de la pomme vis à vis de la poire…

Pommes sucrées et goûtues ou pommes plus fermes, le choix est grand. Mais quitte à manger une pomme au coteau, autant qu’elle ai suffisamment de jus. Qu’elle tristesse que les fruits sur les étalages des grandes surfaces soient si plâtreux !

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Donc le Pierrot a mangé une pomme (P – A – M – G – 1 - POM)

  

 

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