20.10.2009
Sauvé par une anthracite cendrillon
« Ah, Pierrot, j’ai reçu un courrier pour toi » !
Qu’est ce qui a bien pu arriver dans mon pays par delà le Vexin Français…
Il s’agit d’une lettre provenant du bureau des objets trouvés de la gare du Nord…
C’est vrai que cette pièce je ne savais plus si je l’avais laissé à Rouen, dans mon foutoir Bagneulais (quand tu dépéris, tu ne range pas trop) ou si elle était tombé de ma poche…
Coup de bol, donc.
Ainsi ce dimanche-ci, j’ai récupéré l’attestation à Rouen. Mais il me manquait encore un certificat quelconque (qui se trouve dans un mes tiroirs à Bagneux). Donc pour les objets trouvés, se sera Mardi Matin… (Les bureaux sont ouverts à 8h00)
Il me faudra prendre le métro car la ligne B du RER , qui déjà vire au purgatoire en période normale, risque avec les grèves de tourner au cauchemar du genre « l’enfer de Jérôme Bosch, c’est un paradis cucu la praline »…
Lundi soir, au niveau du courrier, une lettre des Impôts…
Encore ? Et non, je suis tellement la tête en dessous du niveau zéro sur le Moralomètre que j’avais tout envoyé en temps en en heure sauf un RIB…
Je suis tellement éloigné d’un climat anticyclonique au niveau « coup de bar » qu’il faudrait inventer une échelle négative à celle mise en place par Pascal…
Mardi matin, réveil à 6h00 et départ chargé de « gravas » à balancer à l’endroit prévu à cet effet.
J’ai réussi à sauter dans le bus menant à la porte d’Orléans. A savoir : il passe en bas de chez moi vers 6h55 (donc il faut que je sorte avec les poubelles à 6h45)
Contrairement à ce que je craignais, il n’y a pas eu la rue sur la ligne. Et je suis arrivé sans encombre à la gare du Nord vers 7h45
Vite, j’achète un stylo et des timbres pour réexpédier la douloureuse contribution du contribuable oublieux…
La gare du nord, c’est immense. J’avais regardé la localisation des objets trouvés, en fonction de l’adresse, sur les pages jaunes.
Le récipicé indiquait : 112 rue de Maubeuge… et les pages jaunes plaçaient une belle grosse croix dans la rue en question entre l’hôpital de l’Lariboisière, la gare et le pont du métro de la ligne 2…
La rigolade !
J’ai mis plus d’une demi-heure pour trouver les objets trouvés.
Au 112 Rue de Maubeuge indiqué par les pages jaunes, sont installés les locaux SNCF de la cantine et des vestiaires… Petit piège : le « 1 » central du 112 est tombé de la baie vitrée. Il ne lui reste qu’une zone plus sombre et un écart entre la centaine et l’unité du « 1 (1) 2 » genre « les dents du bonheur » …
J’entre dans une cour où un gardien ronfle dans une guérite…
Knock, Knock, Knock… Je cherche les objets trouvés…
Impossible de lui parler en face car la vitre est blindée et insonorisée. Quand à comprendre ce qu’il me baragouine ensommeillé… C’est que devant les trous du parlophone, il a mis du carton pour se protéger un peu du froid…
Il m’indique une direction…
Je fais une première longueur, longeant des préfabriqués, sautant entre des gravas laissés par des travaux en cours, slalomant entre les bornes de chantier, longeant un étroit couloir coincé entre les grilles isolant un Thalis et un mur de bâtiment entrecoupé par des portes closes…
Depuis le temps que je marche, ce n’est pas possible, j’ai du louper quelque chose !
Je reviens sur mes pas…
Tiens, je ne l’avais pas vu ce bâtiment à l’allé… je m’approche, passe une passerelle métallique recouvrant encore une excavation et me trouve nez à nez avec une infermière…
Ce n’est pas encore là !
Rebroussant chemin, je me dirige de nouveau vers les quais quand j’avise un homme qui avance dans ma direction… Ouf !
Excusez moi, je cherche le 112 rue de Maubeuge, c’est pour les objets trouvés.
Ce commissaire en civil, fronce les sourcils. C’est que il veut bien m’amené vers le 112, puisque lui même s’y dirige, mais la bas, mis à part une zone pour les bagages et son commissariat provisoire et glacial (leurs préfabriqués sont aussi bien chauffés que ceux que j’avais connu à ma fac de Rouen)…
De guerre las, je me dirige vers la « bagagerie »… ce n’est pas celle utilisée par les « usants usagés » mais celle du fret…
Là, fumant une clope, ou simplement se posant, les employés préposés à l’entretien, palabrent sous les voulûtes d’une architecture de fer et de béton, à défaut des frondaisons de l’arbre du même nom…
« Je cherche à trouver où trouver les objets trouvés s’il vous plait… »
Décollant sont dos douloureux du mur, une mama se dodine vers moi, se plante en souriant de ses dents blanches qui forment un contraste saisissant avec sa peau aussi noir que de l’ébène et … se servant du bout du manche à balai qu’elle sembla avoir greffé en main m’indique la direction de la gare. Alors que les uns et les autres m’avaient baladé sans trop savoir où me diriger, la cendrillon anthracite m’indique des informations pertinentes :
Tu « maches » tout « doit » jusque hagendaz dans la ga(r)e et tu descends les escaliers qui sont à « doite »…
Une fois arrivé à destination, la procédure a duré moins de dix minutes (« fouraillage » dans leur stock compris !) contre au moins une demi heure de perdue à déambuler à la recherches des objets perdus et retrouvés !
15:32 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : paris, gare du nord, objets trouves |
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