16.01.2009
On ne fait pas toujours ce qu’on a prévu
Jeudi 15,
La journée au travail a été chargée : il va y avoir du déménagement dans les locaux et des déplacements de cloison.
Mes collègues arrivent à travailler en flux tendu en jouant des chaises musicales, allant d’un bureau à l’autre, d’un ordinateur à l’autre tout au long de la journée… Heureusement que la plupart des documents à travailler sont sur serveur !
Pour ma part, je récupère les documents laissés par les uns et les autres, trie ce qu’on me refile, indexe à la chaines, réponds aux demandes d’informations et de documents, tout en me préparant pour les chamboulements et travaux qui attendent la bibliothèque.
Cela veut dire trier déplacer, aménager, ranger livres, revues, CD de sauvegarde et… démonter des armoires et étagères avec mes petites mimines et la trousse à outils dénichée dans un bureau…
Et après cela, il y a des personnes qui pensent que le travail de bureau, c’est fait pour les faignants (sous entendus ceux qui ne sont pas de vrai mâle à suer comme des bœuf, trimer, bander des muscles, se salir les mains, sur les chantiers, dans le cambouis, le fumier, en usine, etc…)
A l’instar des personnes qui font de la manutention à longueur de jour, les bibliothécaires sont connus pas le monde médical comme ayant assez souvent le dos flingué : le poids de la connaissance…
Je profite tout de même la pause déjeunée pour acheter un timbre (la douloureuse du syndic est arrivée en étrennes) et récupérer des documents pour mon cousin qui passe un entretien le vendredi matin…

En fin de journée, je me souviens que le coiffeur près de mon ancien logement sur Montmartre est ouvert le jeudi jusqu’à 21 heures ! Tant mieux, ma tête ne ressemble plus à rien : cheveux devenus filasses à force d’être long, golfes trop visibles, sans compter les difficultés à coiffer et le temps mis à sécher le matin le peu de tignasse que le –presque- quadra a encore…
Sitôt ressorti de cette séance de capilliculture, je fonce chez le cousin où m’attendent quelques bières en paiement des documents
Discussions, bonne humeur, bonnes rasades et recherches sur le Net pour mon travail et la recherche du sien (eh oui, non comptant d’avoir les problèmes de santé d’un manutentionnaire, un bibliothécaire connaît aussi les déformations professionnelles des cadres pour lesquels il travail : l’impossibilité de décrocher sas tête du taf…)
Sorti assez tard, je pensais aller directement chez moi (1 heure de trajet) pour avaler une soupe et me coucher. C’est que je pensais peut être sortir un peu le vendredi soir…
Mais mon ex me téléphone… Impossible de comprendre à cause du bruit du métro. Je finis par sortir et marcher dans les rues non fréquentées pour arriver à communiquer.
En raccrochant, je suis paumé dans Paris, loin des lignes de métro qui me permettraient de rentrer chez moi… Je continue ma marche nocturne pour retrouver une station et accessoirement un restaurant car j’ai les crocs : le coca avalé à la pause déjeuné est un peu loin sous les coups de neuf heure de soir…

J’arrive au début de la partie « chaude » de la rue Saint Denis, celle où les Horizontales comme désignées par Maupassant (Nouvelle : « En wagon ») exercent l’un des plus anciens métiers du monde…
A la porte Saint Denis, je bifurque à gauche pour aller au « Plomb de cantal », un restaurant qui à l’avantage d’être pratiquement au niveau de l’entrée de métro de la ligne 4…
Rien que pour le restaurant et la boustifaille qu’on y sert, un petit billet explicatif serait nécessaire…
13:56 Écrit par Pierrot dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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14.01.2009
Comme une « cocotte » en pâte
Ah j’ai reçu ce jour un bouquin sur les plats mijotés, je ne savais pas qu’on pouvais faire des cocottes avec du poisson..
Idée à creuser…

Cocottes et mijotés (Luc Bettancourt)
Etre seul chez soi en hiver n’aide pas pour l’alimentation.
En 2002, j’habitais à Paris dans un « studio » près de la gare du Nord.
A cette époque, je ne passais dans ce logement que pour y dormir, voir le cas échéant y avaler quelque chose. Il faut aussi dire que ce « logement » était si mal agencé, avec des recoins et autres retours, que ce n’était pas l’idéal à moins d’avoir des meubles sur mesure. De plus le coin cuisine était réduit à sa plus petite expression
Dans le pseudo-couloir donnant sur la salle de bain et les toilettes, un renfoncement était occupé par un mini frigo, un micro évier -dans lequel les assiettes ne pouvaient pas être posées à plat- et deux mini-plaques électriques amovibles.
Mon paternel m’avait offert un four à micro-onde que j’avais réussi à caser entre un petit meuble bas de rangement et le chauffe-eau, un peu plus haut.
Ce ne sont pas des conditions idéales pour se lancer dans la grande cuisine.
A part les pizzas réchauffées, les tranches de pain avec du fromage passé au four à micro-ondes, et les pâtes aux lardons –voir summum de l’art culinaire au saumon, ce n’était pas en cuisine que je pouvais étaler mes talents de maître-queue …
Mais mes non-compétences culinaires étaient elles vraiment à relier à une question de commodité ?
En fait, non puisque je ne risquais pas non plus de me fouler un poignet en cuisine après mon déménagement…
Jusqu’à ce que je dépanne Yannick (qui est resté en colocation chez moi plus d’un an)…
.
Sa mère d’origine Réunionnaise lui avait appris que bien se nourrir est essentiel. Et même seul, il est inconcevable pour lui de ne pas se faire un bon plat équilibré et goûttu !
Il m’a un peu éduqué pour certaines choses : notamment en m’apprenant à apprécier l’existence, avoir l’idée de faire de mon chez soi quelque chose d’agréable, et de ma cuisine, un petit moment de bonheur…
Donc en cette période hivernale, le plus simple est sans conteste un petit plat mijoté.
Ce genre de plat a l’avantage d’être chaud, équilibré (si on pense à mettre des légumes variées et quelques morceaux de viande), pas trop cher vu que la viande peut être acheté en gros et les légumes de saison sur les marchés (chou, poireau, oignon…)
Un autre avantage non négligeable pour un célibataire, c’est que ce genre de plat peut être réchauffé –c’est même meilleur le lendemain- ou mis en barquette au congélateur, ou encore embarqué dans sa gamelle pour peu qu’il y ait un four à micro-ondes sur votre lieu de travail…
C’est un plat dont le principe de base est archi simple : il suffit que cela mijote au moins une heure !
Quoi ! Alors que nous sommes tous pris par le temps, à courir etc., c’est dément ! T’es OUF ou quoi ?
Que nénies mes amis, au contraire c’est juste une question d’organisation…
Ainsi ce lundi matin , remarquant que Vitaly - l’ukrainien que j’avais hébergé en dépannage pendant un mois - avait laissé dans le frigo un demi-chou plutôt sec, des oignons et quelques saucisses, j’ai profité de la pause déjeunée pour acheter de la poitrine, des endives et des pommes de terres. Une bouteille encore stockée en Doc, et hop me voilà reparti pour mon chez moi.
Epluchage sommaire du chou que j’ai mis dans ma cocotte avec de l’eau pour le faire cuire une première fois afin d’enlever le souffre et donc d’éviter de me transformer en gazoduc.
Pendant que la marmite bloblote, hop, épluchage des légumes (pommes de terres et oignons) découpe de la viande en morceau pas trop gros (poitrine fumée et saucisse)
Comme le chou n’était pas suffisamment cuit, je me suis occupé de mon linge enfin sec que j’vais étendu dans tout l’appartement avant de prendre le train dimanche matin…
Ah ! Le chou est devenu mou et blanchatre !
Hop, je vide la marmite, récupère les feuilles de chou et les rince.
Dans ma marmite rincée, sont jetés pêlemêles légumes, viandes, chou, quelques aromates, un bâtonnet de bouillon de cube, deux verres de vin et je couvre presque d’eau tiède avant de remettre au feu et couvrir la cocotte avec son couvercle…
Et là, je m’occupe de mon appartement qui en à bien besoin : rangement de la pièce principale et un peu de ma chambrette, passage du balais et de la serpillère (appelée Panosse en suisse, et Wassingue en chtimi), fixation et bricolage avant qu’il ne soit neuf heure du soir, aménagement de ma banquette avec les coussins à même le sol et une couverture pour couvrir le tout, lavage de la vaisselle qui dépérissait depuis trois jours dans l’évier (ah les joies du célibat)…
Enfin, j’installe devant mes cousins, ma petite table basse (dénichée par hasard dans une brocante indoue) et mon ordinateur portable sur sa petite estrade (un support de
Sur le plateau de la petite table, des bougies sont allumées, mes couverts et mon verre sont installés. A coté, à même le parquet, un petit plateau en bois accueil le pain (cela évite de foutre des miettes partout) et la bouteille de vin (pas la peine de patiner encore plus la brocante !)
Le temps que je fasse toutes ses petites choses et déjà, le plat semple prêt !
Petite salade d’endive pour commencer, puis je me sers un bon bol de potée (comme le ferait un magyar), un peu de vin et je me lance un DVD qui ne mange pas de pain (un épisode de Cadfael)
Petit bonheur
16:57 Écrit par Pierrot dans CUISINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Petit à petit, la confiance revient - 3
Vendredi 9 janvier au soir,
Il n’y a pas que la musique qui adoucit les moeurs
Je sorts finalement assez tard du bureau. Le lendemain midi, j’ai rendez-vous à Nanterre… je n’aurais pas le temps de m’offrir ce CD de musique ancienne tant convoité !
Que cela ne tienne, le Virgin des Champs Elysée (Paris) est ouvert jusqu’à minuit…
Direction « la plus belle avenue du monde » (Les Berlinois disent la même chose de « Unter den Linden », les New Yorkais de la « Five avenue » etc…)
Quelques achats plus tard, je reprends le métro. Je suis tout de même un peu fatigué et j’ai un « repos dominical » chargé qui m’attend.
Et là, je ne sais pas pourquoi, mais la perspective de rentre chez moi et de commencer à faire la cuisine sous les coups des dix ou onze heures du soir, après un long périple en transport en commun ne me transporte pas de joie.
Un petit restaurant ? Je ne me sens pas non plus d’attaque pour une « truffade » typique de ce restaurant Auvergnat le « Plomb du cantal » qui pourtant est géographiquement en plein sur le trajet de retours. Quelle dénomination judicieusement choisie quand on pense au nombre de calories part centimètre-carré d’assiette !
Un italien ? Un coréen ? Un grec ? Un chinois ? Et pourquoi pas ce japonais que j’ai pris une fois en sortant d’une Nocturne Bricoleuse Virée au BHV !
Allez, hop à la bonne franquette : soupe miso, salade de chou et poisson et légumes sur un lit de riz vinaigré…
Au milieu de mon repas, un couple de maraisien s’installe près de moi sur une table pour quatre … Ils sont tout sourire et de très bonne humeur.
- « On s’installe là ? Tu devines pourquoi… »
Tiens oui, pourquoi sur cette table plutôt que sur une table de deux de l’autre coté du restaurant ?
- Est ce que c’est parce qu’on est loin du courant d’air froid de la porte d’entrée…
- Est ce parce que la lumière, plus tamisée dans cette partie du restaurant, rend plus intime cette sorte d’alcôve…
- Est ce parce que malgré ma fatigue et mon très grand âge (plus de 35 ans) cette pénombre leur rend mon apparence agréable…
Quoi qu’il en soit, vers la fin de mon repas, je remarque que l’un des convives en partant pour les commodités a fait tomber son écharpe. D’une manière spontanée, avec le même reflexe qui me fait tenir les portes devant les demoiselles, présenter mon bras aux personnes âgées au passage piéton ou me faire prendre pour un rescapé d’un autre temps quand je laisse ma place dans un bus, je ramasse l’étoffe et la redépose sur le dossier du siège.
« Merci », me dit le convive restant, un large sourire illuminant sa face…
Le saké aidant sans oublier finalement cette humeur bon enfant qui ne m’a pas quitté depuis que j’ai fermé mon drôle de bouquin en sortant -du pied droit - de mon lit ce matin, j’engage la conversation, qui continue quand le dernier dineur revient des vespasiennes…
Tout comme j’ai pris l’habitude en Europe Centrale, je m’installe sans façon à leur table, sur leur invitation… Donc un même pas trentenaire qui aime la musique classique et un habitant du Cap (Afrique du Sud) qui parle mieux français que je ne saurai parler anglais…
Je crois comprendre qu’ils souhaitent m’inviter à continuer la soirée ailleurs…
Outre le fait que je ne suis pas en méga forme et que je doive me lever de bonne heure samedi et dimanche, je ne me vois pas forcément valser avec un genou en compote… Encore moins en si virile compagnie.
Je décline leur invitation.
Cela dit, si, comme j’ai fini par le comprendre, je leur ai tapé dans l’œil, cela me remonte tout de même le moral : Je peu être encore désirable !
C’est une chose que je rejetais depuis plus d’un an… Depuis la séparation avec mon ex…
Attention les filles, le Pierrot se remet en selle, prêt à monter, l’étalon sort du box, prêt à franchir toute vos barrières, les unes après les autres…
Heu, dans un premier temps, peut être régler ce problème articulaire, quand même…
09:13 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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13.01.2009
Petit à petit, la confiance revient – 2
Vendredi 9 janvier après midi,
Chevaliers de la table ronde…
En fin de journée, un pot de départ informel a été prestement organisé au travail. Informel dans le sens que la direction n’était pas conviée. Il faut aussi dire que les conditions du départ ne s’y prêtaient guères.
Mon « bureau » ayant le double avantage d’être relativement grand et loin de
Les journalistes ont parmi leurs mille et un privilèges, par rapport au modeste employé que je suis, celui d’être remerciés en « nature ». A l’occurrence il s’agissait là de « liquide », puisque un vigneron dont il y avait eu un petit écho dans une publication avait envoyé quelques échantillons de ses produits…
Des placards et du frigo (accueillant officiellement les pédicules photo), sont sorties quelques petites bouteilles de vins, de sirops, de jus de fruits…
Et en avant Simone… En l’occurrence Isabelle, prénom de notre future ex collègue
Dans certaines rédactions –notamment des quotidiens ou de la presse d’informations- le journaliste à plutôt tendance à garder égoïstement les milles-et-un cadeaux qu’il reçoit des personnes déjà interviewées où celles qui espèrent ainsi acheter la façon dont le canard parlera d’eux…
Dans notre rédaction, vieux canard proche des gens à la glaise collée au sabot, ce n’est pas le genre de la maison.
Les produits fermiers sont certes envoyés à la rédaction parfois en remerciement, mais le plus souvent, c’est plutôt comme dans le film les « Chtis » où on ouvre la bouteille de Genièvre pour le facteur… D’ailleurs, les journalistes de la rédaction font profiter tout le monde…
Bref en fin de journée, je range mon bureau, le débarrassant des cadavres de verre et de plastique avant de m’atteler de nouveau à mes deux ordinateurs : un PC pour la bureautique, la mise à jour du site du canard, et la gestion de la bibliothèque et un Mac pour tout ce qui est lié à
18:09 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Petit à petit, la confiance revient - 1
Vendredi 9 janvier au matin, Un voyage en agréable compagnie Apres une journée bloqué chez moi mardi à chercher à respirer et une récupération lente et partielle de mon manque de sommeil (à cause entre autre d’un pseudo acouphène due probablement en partie à la différence de pression entre Chamonix et Paris), j’aborde cette dernière journée de travail de la semaine avec un meilleur état d’esprit. La relecture de quelques passages truffés d’humour pour réveiller les neurones aide aussi à voir les choses avec plus de sérénité… Heureusement, car comme assez souvent, je dois laisser passer une rame de RER avant de me faufiler dans un wagon bondé- ce qui avec le genou qui se bloque depuis quelques temps devient olympique… Je suis bien, et de bonne humeur, tout comme la personne dans les bras de laquelle je suis tombé, poussé par les voyageurs qui s’obstinent –allez savoir pourquoi- à se masser au niveau des portes, laissant l’allée entre les sièges assez dégagée. Je lui demande de me pardonner, ce qui est fait bien volontiers. Sans pour autant avoir des conditions de voyage agréable, le fait que nous ne soyons finalement tout deux ni neurasthéniques ni levées du pied gauche, rend au moins le voyage supportable : nous discutons de tout et de rien, ce qui fait passer le temps…
17:58 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : voyage |
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12.01.2009
Les fantômes
Dimanche
Mantes « la jolie », le train, après avoir fait un long détour suite à un accident sur la voie repart à pleine vitesse sur son parcours normal : direction Yvetot.
Je me suis levé plus tôt que d’habitude ce matin là pour arriver à la gare de grande ligne St Lazare. Déjà en sortant du RER (train de banlieue) au Chatelet, alors que je parcourais les quais et couloirs de cette importante station de transport en commun parisien, je sentais quelque chose de bizarre. C’était comme si quelque chose qui devait être là était absent.
Je reprends la ligne de métro 14 – toute automatique – pour St Lazare et là encore, en arrivant devant l’escalier extérieur menant aux lignes de banlieues, le devant du bâtiment me semble vide et sans vie comme si j’étais l’unique survivant d’un conflit qui aurait laissé intact les murs…
Je suis à court de liquidité et me dirige vers un distributeur à billet. Machinalement, je cache le code avec mon corps et ma main. Et c’est alors que empochant prestement mes euros, je percute enfin : il n’y a personne accroupie au pied de l’automate m’invectivant pour quelques pièces de monnaie…
La procédure « Grand froid » avait raflé toute la misère de la capitale, la planquant dans des abris.
C’était cela cette chose qui me semblait ne plus faire parti du paysage : les clochards, les mendiants, la pauvreté et la misère…
Ces choses qui vous semble si naturelles que l’on y prête plus attention.
Finit, le contournement des formes plus ou moins humaines à genou en plein milieu des souterrains un gobelet en plastique entres les genoux, les mains jointes de pénitents devant leur morceau de carton…
Le mélange d’odeurs de vêtements jamais lavés, de chiens mouillés, de pisses et de mauvaise vinasse n’agressait plus les narines…
Les hurlements des ivrognes et la litanie immuable des mendiants balançant le même enchaînement de phrases avec les rythmes et les intonations si identiques que dès les premiers sons émis, l’oreille n’y prête plus intention, ne ponctuaient plus les crissements des freins des rames…
Le regard s’arrête sur des pierres, des murs, des panneaux sans glisser sur des corps et des trognes. Les yeux n’évitent plus les mains tendues, doigts crochus vers le haut et paume burinée par la crasse, qui ponctuent le parcours quotidien …
Toutes ces petites choses n’étaient pas encore présentes à cette heure en ce glacial matin hivernal.
Et cette accoutumance ainsi relevée me plonge subitement dans un grand malaise
07:03 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : misere, indifference, aveuglement, paris |
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