26.05.2010

Vie privée : la virginité sur le web.

Au détour des infos glanées ces jours-ci
Confidentialité : le PDG de Facebook fait son mea culpa- Le figaro.fr 25/05/2010

Facebook et plusieurs autres réseaux sociaux ont envoyé des données personnelles de leurs utilisateurs à des régies publicitaires.

 C’était un bug selon Mark Zuckerberg ! ?

Déjà quelques polémiques  cette année et la deuxième en moins d’un mois : 
Vie privée: Facebook épinglé  AFP 06/05/2010 

Dans cet article, Kurt Opsahl de l’ Electronic Frontier Foundation, met l’accent sur le passage de l’anonymat bon enfant du réseau social des début à la monétisation des données et fichiers auprès des firmes.

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Les données des groupes sociaux seront forcement réutilisés
Je pense pour ma part qu’il s’agit là d’une évolution logique est inéluctable. Cette inéluctabilité n’étant en rien une justification « morale ». Il se trouve que le libéralisme est par essence  « a-morale » (a privatif = sans morale) et obéit aux lois de la thermodynamique. Quand un potentiel (pour faire du fric) existe, il va tôt ou tard être utilisé.


Les digital natives ; à nouvelle espèce, nouvelle approche  Marketing
La génération Y, les « digital natives » vivent d’une manière totalement interconnectés. Ils sont bien plus sensibles aux informations et aux incitations présentes dans le cybermonde (cyber-world), notamment via leurs réseaux « d’amis » (comprendre d’interconnectant partageant un ou plusieurs centres d’intérêts commun).
Quasiment insensibles aux sollicitations des marques, entreprises et autres pubs dans le « monde réel », la seule solution pour les entreprises, lobbies  et autres organisations de les atteindre est le web.
Habitués aux  spam et de natures tribaux et hyperspécialisés, ils ont une sorte d’insensibilité aux messages généralistes.
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La seule solution reste donc de cibler un Cyborg en fonction de ses centres d’intérêt. Par le biais de ses connections, le message néo-publicitaire pourra alors se propager tel un virus à l’ensemble des entités partageant les même centres d’intérêt.
 
De fait, la connaissance des centres d’intérêt d’un individu représente un potentiel colossal.
De tels fichiers existent dans certaines agences. Mais ces informations, outre d’un coût d’acquisition très élevés, sont assez souvent parcellaires incomplètes et  sur un échantillon fini.

 

L’auto fichage des réseaux sociaux, une mine d’or
Les données recueillies sur Facebook ont l’avantage d’être intégrées par l’internaute lui même (aucun coût d’acquisition). Il ne s’agit pas d’un faible échantillon d’individus mais de  tous les individus interconnectés (masse d’informations colossale) 
Ces informations sont pertinentes, variées, ciblées à la fois sur un individu et  une entité d’individus (les groupes) selon des centres d’intérêt  et vont même au delà des critères qui auraient étaient formulés par une quelconque agence à une date donnée.
Facebook permet de créer un groupe à chaque nouveau mot-clé du système. Un groupe qui peut, par agrégation d’individus de centres d’intérêts proches, devenir rapidement –statistiquement- significatif. 

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Relations non fortuites, à la conquête de nouvelles cibles
A ces informations sélectionnées et validées par l’individu d’une manière consciente, il convient d’ajouter les informations tout-aussi intéressantes qui n’ont pas été sciemment renseignées mais qui sont pertinentes si-il s’agit de recruter une nouvelle cible.
Ce type d’information est d’ordre statistique et repose sur le nombre de liens vers des amis qui ont au moins un point commun.

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Par exemple, si vous êtes liés à une cinquantaine de « baroqueux » il est fort probable que vous soyez vous même intéressé par la musique baroque, quand bien même n’auriez vous pas renseigné se fait dans votre profil.

On entre dans le critère désigné par le législateur comme « relation non fortuite » (voir billet sur Edvige). Sauf que dans le cas du flicage gouvernemental, ces relations non fortuites reposent sur des aprioris, une « étude sur le terrain » et des recoupements  de fichiers. Ce critère dans le monde réel est donc fortement sujet à caution…
Dans le monde virtuel, les statistiques réduisent les risques « d’erreur »- à prendre dans le sens de « pertinence ».
A partir de 50 liens vers des entités ayant le même centre d’intérêt, on peut estimer que les statistiques ont du sens, même si il faut rester prudent en présence de corrélations.

Prudence avec les corrélations indirectes
L’analyse des corrélations doit cependant être faite avec prudence parce qu’il peut exister des corrélations indirects.
Par exemple, un nombre élevé de liens vers des individus d’une minorité n’est pas forcement du au fait que l’individu initial appartienne à cette minorité. Il est tout aussi possible que le lien soit indirect, via le centre d’intérêt que l’on pourrait appelé « le droit des minorités » (les anti « je n’ai rien dit, je n’ai rien fait parce que… ») .

Corrélation indirecte

Si on souhaite traiter en lot, quelques ratés sont toujours possibles. Il faut donc penser dans sa démarche à donner la possibilité de se « désabonner »
« A bon, ce super lot de clochettes tibétaines pour « bonze » ne vous intéresse pas ? Dommage, il y avait en cadeau bonus cette superbe mousse à raser. »

D’un autre coté, les données recueillies sur le web peuvent avoir d’autres dessins que purement commerciaux. Auquel cas,  les « Misstarget » n’empêchent pas de dormir ces utilisateurs là…

Conclusion :

La virginité sur le web ? Uniquement pour les abstinents
Prudence donc, lorsque vous étalez votre vie privée et vos convictions sur la toile !
Les données restent longtemps. On ne maitrise pas son image sur le web (protégez-moi de mes amis). Les procédures pour effacer ses traces sont longues, parfois couteuses : certaines entreprises se sont spécialisées dans la re-virginité avec un succès plus ou moins acceptable.
Pour paraphraser un bloggeur interrogé pour un article à paraître en juin :

"la vie privée sur le web, c’est comme la virginité : une fois perdue, c’est impossible de la retrouver. "

 

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