23.07.2010
Economiser l’eau comme autrefois, ou comment se laver sans salle de bain ni douche.
« Ah, si comme autrefois on était encore obligé de pomper l’eau avec une pompe à bras pour aller tirer l’eau d’un puits ou d’une petite rivière, peut être qu’on ferait d’avantages d’économie » s’exclame le Père Hubert sur une vidéo en actionnant une antique pompe dans son jardin.
Je ne vais certes pas à la pompe mais en ce moment, l’état de ma plomberie me fait faire des économies d’eau, bien malgré moi…
Ne pouvant pas encore utiliser la douche ou les conduits d’évacuation, je lave le bonhomme, la vaisselle et tout le reste à la cuvette. Je n’utilise pas le même récipient pour tout cela, heureusement….
Mais j’ai l’eau courante ! Et aussi de l’eau chaude rien qu’en tournant un robinet… Le luxe !
Il y a de cela quelques temps, l’immeuble avait des problèmes avec les canalisations d’eau chaude. J’étais obligé de me lever une demi-heure plus tôt rien que pour pouvoir avoir le temps de chauffer suffisamment d’eau avec ma petite bouilloire… C’est là que je me suis rendu compte qu’on a pris l’habitude d’utiliser vraiment beaucoup d’eau chaude : un peu pour se laver, beaucoup pour se détendre.
Des siphons démontés, l’eau coule directement dans des seaux. J’entends dégouliner dès que je fais la vaisselle ou que j’utilise l’évier de la salle de bain. Rien qu’en entendant l’eau couler, je me limite au stricte nécessaire : le récipient qui récolte la flotte ne doit pas être trop remplis sinon j’ai des petits soucis pour le vider. Avec de telles économies, je n’ai pas trop besoin d’un robinet spécial pour limiter ma consommation.
Dans la salle de bain : un nettoyage économique.
La douche est bien moins consommatrice d’eau que la baignoire. Pour les tiraillés de l’écologie, mitigeur thermostatique, régulateur de débit, douchette spéciale permettent là encore de faire baisser la consommation. Mais je fais encore plus fort que tout les Nicolas Hulot vu que je n’ai pas de salle de bain fonctionnelle !
Se laver au début du XXème siècle
Comment faisait-on avant l’arrivée de la salle de bain ?
Mon arrière grand mère se lavait la tête à la sciure de bois… Je n’en suis pas là. De toute façon de nos jours trouver facilement se genre de chose n’est pas évident. Difficile d’aller à la supérette du coin acheter un savon de Marseille pour le linge, de la sciure de bois pour les cheveux et de la chicoré grillée pour le petit déj… »
C’était tout un travail que de se laver complètement. Généralement, en semaine on faisait la petite toilette : avec gants du même nom pour nettoyer visage, cou, et les « bouts » (tout les bouts).
Pour la grande toilette, on se lavait dans une grande bassine posée sur le sol de la cuisine. L’eau qui débordait tombait sur le sol en pavé et on tirait la bassine vers la porte pour la vider à l’extérieur.
La cuisinière chauffée au bois ou avec des boulets de charbon permettait de remplir la lessiveuse avec de l’eau chaude. Dans les campagnes, cette eau devait être récupérée à la pompe au jardin. Dans les villes soit il fallait sortir à la fontaine soit, tourner un robinet dans la coure, parfois - grand luxe - dans la cuisine au dessus de l’évier.
Si le Père Hubert propose des astuces pour faire des économies d’eau (au jardin), c’est évidemment par souci de bon sens (voir Économiser l’eau au jardin). Autrefois, tel Monsieur Jourdain parlant en prose sans le savoir, les économies en eau, lumière et achats divers n’étaient pas faites pour suivre la mode Bio. C’est tout simplement qu’on avait ni le temps ni les moyens financiers, ni d’ailleurs les facilités techniques, d’agir autrement …
Toujours pour la grande toilette, il était préférable d’être plusieurs pour ce genre d’opération. Outre les difficultés à porter seul l’attirail (bassines, seaux, eau…) certaines parties sont toujours difficiles à laver comme le dos. Donc on se lavait en famille : les mères avec leurs filles en premier pour bénéficier de l’eau la plus chaude, puis les pères avec leurs fils. On prenait son temps d’être beau comme un sou neuf avant de partir à la messe du Dimanche.
Comme faire sans salle de bain au XXIème siècle
De nos jours, trouver une grande lessiveuse comme autrefois est une véritable quête. En plus c’est un matériel assez lourd. Difficile donc d’imaginer ce genre de truc quand on est tout seul.
Ma Dolorosa a acheté un grand pot en plastique pour arbustes à installer en terrasse du genre gaulthéria , azalée ou bougainvillée... (je ne sais pas pourquoi j'aime bien le nom de cet arbuste... à cause de l'idée de voyages dans des pays lointains peut être ?)
Ce bac d’environ 50 cm de diamètre et 1m de haut est pratique pour ne pas se laver la tête à quatre pattes. Une petite bassine avec un déversoir à un des angles, des gants de toilettes et… le tour est joué.
Un véritable luxe, cette eau courante : Je n’ai pas besoin d’aller à la pompe ou aller chercher de la flotte six étages plus bas au robinet du local « poubelle» . De même, j’ai encore de l’eau chaude !
Mes toilettes fonctionnent. Super géant de ne pas aller au fond du jardin avec un journal !
En plus, au lieu de me farcir six étages et cinq cents mètres jusqu’à la bouche d’égout du caniveau, je puis directement déverser mes seaux dans les WC !
Que du luxe !
On l’oublie souvent, mais on vit une époque formidable.
07:34 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : eau, economie, histoire, tranche de vie |
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