18.12.2011
Un kir marin
Je suis à court de petits carnets. Résultat, je finis par prendre ce qui traine... et là je vois une note... Pas de date.... Juste le jour : vendredi.
Comment se souvenir ?
Ma mémoire est au delà de l'aspect « photographique » : je vois le monde en dynamique, tel un Galilée parcourant le ciel de sa lunette, le regard balayant, rues, devantures, parfois un visage...
Et en lisant ces quelques notes griffonnées, je me souviens...
Un vendredi soir d'octobre où je suis passé acheter des revues pour le travail...et une ou deux pour moi aussi, notamment DSI hors série n°20 sur les porte-avions...
J'étais prêt à rentrer et puis, j'ai vu une pub affiché à l'angle de la rue, de celle où je trouve effectivement un large choix de mag déco pour le boulot.
Soirée troufions au ***.
Fanchement le coté décalé avec la revue un rien martiale que j'avais en main m'a fait sourire. Si je devais rentrer maintenant... quelle tristesse.
Il est 19h00, largement trop tôt pour le lâché de savonnette...
Je prends un Kir et me pose sur une chaise surélevée et tournante. Le verre est posé sur un petit muret rouge derrière moi, et j'ai ma revue en main. C'est un peu incongru quand on pense aux serveurs déguisés en mousses "stéroïdes"... Aussi incongru que de prendre une petite blonde en plein marais avec son poireau – pour la soupe- qui dépasse...

La musique forte empêche les curieux d'écouter d'éventuelles tentatives de conversations philosophiques...ou non
Lumière tamisée et quelques spots balayant le sol, faisant courir des motifs de lumières chinoisant.
Au fond, un mur couvert de loupiotes donnent l'impression qu'une cascade de lumière rouge-orangée descendant le long d'une paroi rocheuse comme pour alimenter de son fin rideau d'eau, le bar.
A cette heure, la population est mélangée. Un jeunot avec sa petite amie sirotent leur verre. Leurs yeux se quittent à peine; le monde autour d'eux n'existe plus.
Quelques barbus sont accoudés au bar, leur carrure de déménageur tenant plus du bon vivant que de l'accroc aux salles de musculation... leur bonne-humeur est contagieuse... ils sont loin de ces minet, qui sûrent de leur "charme", peuvent se conduire d'une manière hautaine. Un peut de respect.. je pourrais être ton père... et zut, c'est vrai en plus...
En face de moi, une réplique d'un jeune Obama est en blazer... Comme moi, il sirote un kir. Nous semblons aussi incongrus l'un que l'autre : moi avec mes habits destroyed et ma revue militaire... Lui avec ta tenue tirée à quatre épingle, comme si il venait de son propre mariage...
Mon portable sonne... Y est rentré, et je dois faire de même
20:02 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : bar, paris |
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