04.01.2012

Coktail auprès d'une porte

PO, Porte d'Orléans
Un bar cosy à l'angle des grands boulevards.
C'est une des raisons pour laquelle j'ai mis mes comptes dans le rouge : avoir un mini ultra portable pour pouvoir facilement poser et écrire.
Il y a comme une véritable frustration à ne pas pouvoir fixer ce qui m'est en tête.

Un couple de personnes quitte leur table, la femme d'un certain âge et élégante  m'a gentiment répondu que le serveur ne devrait pas tarder. Est-elle allé à Katmandou ? Elle récupère un chapeau en  en feutre fuchsia aux fleurs de tissus posées sur un ruban.
Au fonds, près de la vitre, une bande de jeune refait le monde. Si pres, du périphérique, une bonne bière posée sur la table.
L'un des jeunes, une baraque avec des cheveux coiffés en une épaisse houppette genre banane, s'étale sur deux sièges, tranquille et confort  au rire franc et gras. Sa petite amie passe  les mains dans ses cheveux pour les remettre en place. Quoi que très loin de la baleine, elle a du mal à fermer son blouson. Avoir des arguments contondants n'est pas toujours si facile à vivre.
Un autre jeune homme, cheveux bouclés. Cherche t il à compenser ses golfes largement dégarnis par sa moustache ? Je ne sais. Deux autres demoiselles sont attablées. L'une d'elle est venue avec un manteau à la couleur indéfinissable. Est il orange ou jaune... je ne sais. Sa voisine aborde un pull à rayures. Quoi que fine, ce n'est pas maya l'abeille : à la place du jaune, c'est une alternance de noir et d'orangé plus ou moins fluo.
Au bar, quelques personnes son répartis le long d'un comptoir aux formes sinusoïdales.
Au l'extrémité de celui-ci, un jardin sec : sur du sable, quelques coloquintes, petites pierres et plantules dans leur pot.
Les luminaires pendus au plafond sont étonnants : trois coupes de patte-de-verre s'égrènent le long d'un support central, trois tiges fixées en trépied consolident l'ensemble. En lieu et place d'une fontaine d'eau, c'est la lumière qui semble couler le long des vasques.

Une terrasse extérieur fermée, permet d'accueillir d'autres personnes au chaud. Une demoiselle me tourne le dos, ses longs cheveux blonds et gaufrés descendent jusqu'à la moitié de son dos. Deux tresses se rejoignent juste derrière le crane, véritable serre-tête vivant. Cette coiffure semble tout droit sortie des tableaux des peintres de la renaissance. Son amie en vis à vis laisse éclaté une véritable espièglerie dans ses yeux et son sourire. Sa tenue semi-gothique fait un contre-point étonnant avec la voisine .

A la table à coté de charmantes demoiselles,  deux personnes extravagantes. Peau d'ébène, boucles d'oreille. Une queue de cheval pour l'une, une casquette de femme pour l'autre... mais leur visage semble si peu correspondre à leur tenue. Soient ce sont des femmes qui ne me ferait en aucun cas rentré en pâmoison (bandaison?), soit se sont des mecs qui ne devaient surtout pas dépasser le périph' si ils veulent rester vivants.
Quelle différence avec mes voisins  de vrai rebeux parlant arabe et visiblement très religieux.

France d'en bas, prolo, jeunes provinciaux, quelques bobos, des musulmans... le Paris Orléans est un bar à la frontière de deux mondes : à quelques 50 mètres,  c'est la frontière des maréchaux, tel une ligne de fortification invisible... Au delà,  le périphérique, douve de béton, de ferraille et d'asphalte isolant Paris dans sa bulle.

21:30 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bar, paris |  Facebook |

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