19/11/2012

Pierrot se prépare pour le Dakar


Il n'est pas nécessaire de rafistoler  une Deudeuch ou une 4L  pour faire un véritable périple digne du Paris Dakar ou de la croisière jaune...

jaune_01z.jpg.pagespeed.ce.XsCubgE5s6.jpgVendredi, ma mère (et garde malade) devait partir pour la Normandie.
Cela tombait bien car je voulais m'occuper de son cadeau : une petite surprise que je n'avais pas eu la possibilité de rapatrier car le site était en rade !
La boutique la plus pratique n'était pas la plus proche : rue de Rivoli.
Cependant en prenant deux bus, respectivement le 188 et le 38, je pouvais espérer y aller.

Je sors après une petite sieste, il est 14h30.
Prenant l’ascenseur, je descends au rez-de chaussé où là je dois ouvrir les lourdes portes de l'entrée sans me rétamer avec mes béquilles.

Quatre marches.
Je me contorsionne sur une jambe pour passer une béquille dans une sangle de mon sac à dos, et main gauche bien ferme sur la rampe, je sautille de marche en marche avec la béquille droite en sécurité.

L’arrêt de bus est à un peu moins de cent mètres. Il me faut longer l’immeuble, attendre pour traverser et enfin m'installer sur le banc.
C'est la première fois en trois mois que je prends un bus... Comble de la témérité je le prends seul !
Dix minutes plus tard, le 188 arrive. À cette heure, il est moins bondé que d'habitude. La place assise derrière le conducteur est libre.
casse-gueule.jpg
Je me hisse sur le sol du bus, et me dirige vers le siège, prêt à y poser le popotin...
Sauf que je n'avais pas vu une mini rambarde... Patatras, me voilà par terre !
Moi qui devait sous aucun prétexte appuyer le pied au sol depuis 3 mois, c'est loupé !
Que de difficulté pour escalader le siège dans un espace si réduit !

Nous voilà partis vers la porte d'Orléans.

Terminus, je suis le dernier à sortir, c'est qu'il m'a fallu me dégager de cet espace si étriqué !

Je saute en bas du bus et.... une des sangles de mon sac craque !
Déstabilisé !

Il faut absolument équilibrer les charges et éviter que le sac gigote sous les soubresauts de ma démarche de sauterelle unijambiste.


 Sur une jambe, comme une grue huppée j'enlève le sac et observe les dégâts.
C'est la petite barre en plastique de la boucle qui a sauté. Je pose le sac au sol, mon pied, gauche contre ma jambe droite (après la chute, mon peton se rappelle à mon bon souvenir), je descends progressivement et me stabilise avec les béquilles...Un nœud avec les sangles et je remonte à la seul force de ma cuisse. finalement, il n' y a pas que de la couenne dans ma cuisse, pour pouvoir faire cette manœuvre !

Je clopine vers le terminus de la ligne 38.
Pour cela, il me faut passer sur une passerelle en béton à cause des travaux de la ligne 4, traverser en deux temps une rue et remonter un trottoir.
2577717639_1.jpg
Sur mes béquilles,je dois appréhender d'autres types de danger et d'obstacles que ceux que je connaissais en fauteuil. Les feuilles sont un danger réel de chute ! Les étourdis ne remarque pas forcement lorsque je suis à l’arrêt que je suis sur des béquilles. Les grilles de protection des arbres risquent de happer le bout de mes cannes.
Là, c'est les taxi qui roulent. Le sol est en pavés, autant dire que l’adhérence des mes cannes est limitée !
Pas question de jouer du rodéo pour traverser les voies du boulevard des maréchaux et du tram. Un temps infini pour arrivé de l'autre coté. Le bus 38 parts devant moi. Je ne risque pas de courir ! En plus à quoi bon ? Pour se retrouver sans place assise ?

Je clopine jusqu'à une miséricorde au niveau de l’arrêt de bus, et utilise la poignée de ma canne pour maintenir mon ripaton à l'horizontal.
Une chance sur deux de pouvoir m’arrêter à Hôtel-de-ville, la station la plus proche du magasin...
Et bien, se sera loupé ! Ce bus à pour terminus Gard du Nord, il s’arrêtera à la tour Saint Jacques.

La première chose qui j'ai vu en passant les portes du libraire, c'est une belle chaise. Je m'y suis affalé pour reprendre mon souffle.

Une fois mes petites emplettes faites, je me suis souvenu que dans le coin, il y a une pharmacie.
Me voilà traversant la rue de Rivoli, une gageure quand on ne peut courir, longeant le BHV malgré les badauds d'autant plus nombreux que les vitrines commencent à changer et traversant la rue des archives.

Une fois dans l'officine, on s'est bien occupé de moi, un vrai petit pacha !
Une charmante demoiselle m'a proposé de m’asseoir sur un confortable fauteuil et m'a apporté de l'eau. Puis, munie des références et de ma carte vitale, elle m'a amener les chaussettes de contention, avant de les encaisser sans que j'ai à me lever de ce bien confortable siège !

Direction l'Agora, pour acheter entre autre les derniers DSI et  Los !

Bien crevé !
Je m'installe au troqué en face.
Je ne m'installe pas en terrasse mais bien DANS le bar. What ! I can't belive it !!!
Ist es möglich ? Ich bin Verblüfft !!!
DSC1_0057.JPGEt oui, grâce aux béquilles je puis m'installer dedans sans payer l'exorbitant supplément « terrasse ». C'est que en fauteuil, c'est terrasse obligatoire... qu'il fasse -15°C, un temps de chien, une pluie diluvienne, il est pratiquement impossible de faire autrement que de s'installer en terrasse... on n' a donc pas le choix de faire autrement que de payer au prix fort un simple café !

Là aussi , on est au petit soin pour moi. J'enlève mon pull et le pose sur la chaise en face de moi pour y installer mon ripaton.



Un petit pissou  avant de rentrer ?
Et non : je me suis déjà cassé la gueule une fois aujourd'hui... avec beaucoup de chance.
Là cela voudrait dire descendre d'un étage dans un escalier fait en céramique, essayer de sautiller sur un sol glissant non avare en niveaux et marches, toujours sur un sol en carrelage... bref, bien trop dangereux.



Je reprends le, jusqu'à la porte d'Orléans. Là, je laisse partir un 188 car il n' y a pas de place assise.
Je croise un voisin dans le suivant... heureusement car il y a vraiment beaucoup de monde à cette heure et l’accès à la porte risque d'être coton tout seul !

Ce périple en bus me confirme ce que je subodorais déjà : tant que je ne puis poser mon deuxième pied au sol, prendre les transports en commun aux heures de pointes pour aller au travail, c'est au delà de mission impossible !

mission.jpg


Enfin, les quelques marches de mon perron !
Plus qu'un ascenseur et je pourrais me reposer après ce long périple...

Sauf que...
Ascenseur en panne !
J'habite au sixième et ces vieux immeubles sont haut de plafond... cela me fait 12 escaliers et autant de demi pallier à me farcir sur le cul !
J'enfourne dans le sac mon manteau et mon pull, enfile les sangles pour le porter sur le bedon et commence une ascension digne de celle de l'Anapurna.
Je croise en route une voisine responsable au syndic, mon voisin redescendant travailler et une maman et son petit loupiot sortant de chez l’orthophoniste.
Je suis arrivé couvert de sueur...
Une bonne douche s'imposait avant de me faire cette petite injection quotidienne commencée dès le jour de mon accident...

Après une telle journée, je suis bon pour Koh lanta !

transport, transport en commun, santé

20:14 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : transport, transport en commun, santé |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.