24/11/2012

J'ai entendu un pommier pleurer hier

J'ai entendu un pommier pleurer hier


J'ai entendu un pommier pleurer hier, rapporte un enfant à ses frères et sœurs.

Pommier, pommier, c'est bien la première fois que j’entends un arbre pleurer.

Les arbres pleurent, enfant, me répondit le pommier, mais vous ne les entendez pas.
Les arbres attendent que tous soient endormis pour pleurer.
Ils sont si nombreux à attendre de nous que nous leur apportions réconfort, abris, gîtes et couverts...
Pouvons nous nous permettre de montrer un instant de faiblesse devant tous ceux qui attendent autant de nous ?

Pommier, pommier, pourquoi pleures-tu ?
Je pleure devant l'ingratitude de tes frères et sœurs !
Enfants, enfants, vous ne vivriez sans moi...Et pourtant vous, faîtes comme si je n'existais pas.
Enfants, enfants, vous ne me remarquez que lorsque le danger vous menace. Plutôt que d'assumer vos bêtises, vous courrez vous réfugiez dans ma ramure, cassant sans vergogne mes branches. Et pourtant ignorez vous que tôt ou tard la réalité vous rattrapera avec une volée de bois vert ?

Pommier, pommier, pourquoi pleures-tu ?
Je pleure devant la fainéantise de tes frères et sœurs !
Avez-vous faim ? Enfants, enfants, au lieu de retourner la terre, semer et récolter le fruit de votre labeur, vous pillez mes branches, mangeant jusqu'au dernier fruit, laissant crever de faim mes hôtes, ceux-là même qui m’apportent leur réconfort par leur chant et me protègent de mes parasites.
Enfants, enfants, pensez-vous seulement que mes fruits sont mon avenir ?Vous ne vous en préoccupez pas, pensant que je serai toujours là pour vous.

Pommier, pommier, pourquoi pleures-tu ?
Je pleure devant l'inconscience de tes frères et sœurs.
Enfants, enfants, alors que la fin de l'été arrivent, pensez-vous à préparer votre bois de chauffage ?
La forêt est bien loin, dites-vous. Pourquoi donc se fatiguer à trimbaler du bois, nous avons le temps.
Enfants, enfants, lorsque le froid est là et la route de la forêt transformée en bourbier, votre regard se tourne vers mes branches et vous seriez prêts à m’amputez sans vergogne.

 
Pommier, pommier, souhaites tu que je chante tes louanges ?
Enfant, je n'ai que faire de louanges.
Enfant, si tu souhaites m' apporter du réconfort, deviens adulte, apprends à te passer de moi.
Enfant, si tu souhaites vraiment faire quelque-chose pour moi, apprends à tes frères et sœurs à ne plus être aussi inconscients et immatures.



Alors que l'hiver s'installe, un adolescent pleure devant une souche.
L’inconscience de ses frères et sœurs a eu raison du vieux pommier.


18:02 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : famille |  Facebook |  Imprimer | | |

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