30.08.2009

Au jardin ou au Marais, plantez les poireaux dans les ados

13h,

M. m’envoi un mail sur ma boite personnelle. Il est l’heure de la pause déjeuné mais je n’ouvrirai pas le lien tout de suite. J’y jetterai un coup d’œil dès que j’aurai le temps et que les couloirs seront plus ou moins déserts… On ne sait jamais…surtout que mon bureau adossé à la vitre donnant sur le couloir manque d’intimité…

 C’est que j’ai eu des précédents…

J’ai reçu sous enveloppe au travail il y a plus de cinq ans de cela des données statistiques et Marketing pour passer une publicité dans une revue appelée Têtu !

Pour faire court, il y a deux ou trois différences entre cette revue « T » et la revue « Maximal » (la revue qui m’était tombée dans mon courrier chez moi sans que je la sollicite)

 - Les mannequins ont la poitrine plus plate

 - Les articles ne sont pas SYSTEMATIQUEMENT du remplissage entre photos aguichantes pour le lectorat visé…

 - Devinez…

tetu_septembre2008_001

 

Pourquoi ais-je reçu ce dossier ? Problème d’adressage ?

A l’époque, la Documentation et le service lecteur d’une revue de jardinage avaient un bureau et une boite aux lettres commune. Donc quand un stagiaire du service courrier ne savait pas où placer un pli, il l’abandonnait dans la case « courrier »… des lecteurs

 La réception d’un exemplaire de cette revue gracieusement offert en même temps que l’étude marketing à fait jasé  en cette année de plein débat sur le PACS  (un « sous mariage » finalement concédé aux homos, ouverts aux hétéro, mais les contractant doivent passer devant un tribunal d’instance à défaut de correctionnel…)

 J’ai transmis le dossier au service compétant…qui évidemment n’a pas trop pris en considérations leurs propositions…

 Certes, dans le jardin, on parle de plantoir, de poireau… et le magazine ayant une section également déco-brico, il doit bien avoir des coups de chignole de temps en temps…

Mais avec un budget qui n’est pas élastique, les services Marketing et Com’ doivent cibler au plus juste, et là quelque part cela aurait été faire « fausse rut »

 

 De même, il est question d’ados dans le canard mais c’est la culture SUR ados (une levée de terre) et pas la culture DES ados… Donc un dossier transmis par un magazine dont le lectorat serait constitué à 90% d’adolescentes pré-pubères tombant en pamoison devant le groupe Tokio Hotel  n’aurait pas fait l’affaire non plus…

TH

 culture-sur-ados

 

Les lecteurs assidus de la « feuille de chou » éditée par la filiale sont des jardiniers…

Il s’agit d’une population mixte (pratiquement la parité) Propriétaire de son petit potager qui jouxte la maison. 

Ces lecteurs sont des personnes concrètes, les pieds sur terre, natures et matures, sans artifice ou esbroufe, qui savent se retrousser leurs manches…Retraités, ouvriers ou employés, très très rarement cadres supérieurs  

Or, en parcourant le dossier envoyé à l’époque par cette revue Têtu, il n’était pas nécessaire d’avoir fait une Grande Ecole pour comprendre que ce n’était vraiment pas la même population.

D’après leurs propres statistiques, leur lectorat serait à l’écrasante majorité masculine, vivant dans les grandes villes, préférentiellement en Région Parisienne (proche banlieue) ou à Paris. Centres d’intérêts : assimilables à ceux des cadres sup... Et pour ma part j'ajouterai pour une partie des articles et shopping : la futilité et le mauvais goût en plus...

Entre les plaquettes de stat économique et l’exemplaire généreusement fourni, nul doute que vous auriez pensé comme moi que ce canard là était à mille lieux des centres d’intérêts des jardiniers cultivant leur potager. 

Mon Dieu, quand je pense qu’avant l’explosion d’Internet ce magazine était la seule référence pour une certaine catégorie de personnes… Malheureusement personne ne décide de sa propre naissance (lieu, milieu, social, culturel, cultuel…) Je plaints les pauvres gars et filles enterrés en Province, où qui ne sont pas bobos ou riches, ou dans le ghetto homo.

Les simples ouvriers, les "hors Région parisienne",les djeuns des banlieues etc… ne devaient vraiment pas se retrouver dans la moitié des articles et produits shopping présentés par une rédaction qui visiblement ne devait que très exceptionnellement foutre ses escarpins en dehors du Boulevard des Maréchaux (ce sont les grands boulevards qui ceinturent Paris avant même d’atteindre le périphérique)…

 Espérons pour eux qu’ils ont évolués depuis…