08.05.2011

Cabinet de curiosités

Ce matin, en prenant un café chez ma mater, j’avise un bureau… mon bureau, celui sur lequel j’ai commis mes années collège et lycée. Il partira bientôt pour le garde-meuble. Dans ces deux tiroirs, un bric-à-brac incohérent qui pour un autre que moi mériterait la benne à ordures sans même se poser de question…
Quelques photos,
Une carte postale de Trier (Allemagne),
Des pièces de pays divers et de diverses époques,
Un soldat avec « London » sur son écusson,
Une carte postale de l’abbaye de Fonenay,
Deux bivalves fossilisés encore partiellement pris dans leur gangue,
Une pépite ferrique,
Une bille anglaise,
Des feuillets écrits à l’encre et assemblés entre eux,
Une boite de flûte à bec avec mon matos à dissection,
Une pierre ayant conservé la trace des ammonites incrustées à l’intérieur,
Une vieille clé avec l’étiquette : « grille » dessus,
Une vielle trousse à dissection au cuir craquelé,
Différents cristaux et granites,
Un corail,
(…)

Un véritable « cabinet de curiosités »  (voir def)


Des notes d’un autre temps
Apres avoir parcouru l’écriture adolescente, je me rends compte que les feuillets sont des notes d’un séjour que j’avais passé il ya des années avec mon Grand Père… ma manie des carnets de voyage ne dates donc pas d’hier


A nous les petit(e)s anglais(e)s
Le soldat londonien c’était avant le coté : « souvenir en céramiques » (assiette, carreau comme celui ramené il ya quelque années de La Haye). Premier séjour en Angleterre sans les parents…
Séjour linguistique à Bedford où le Pierrot pres-ado avec tous ces kilos en trop, avait cours de langue le matin et de Tennis l’après-midi (une façon plus cool de courir après la « baballe »). Pourquoi le tennis ? Si vous vous souvenez d’un de mes billets, les footeux et moi à l’époque on était pas très copain… Ma famille d’accueil allait comme tout les anglais au pub le samedi (ah, mes premières – et périlleuses-  tentatives aux fléchettes), ou au bowling (mes premiers lancés et LE stricke du débutant… oups pas fait exprès). Des années après, dans une salle parisienne à coté de Montparnasse, alors que je n’avais pas joué depuis une éternité, j’ai foutue une volée au grand étonnement de Yannick … comme quoi, il y avait quelque chose qui était resté de ce séjour linguistique…
Il y avait un certains nombre de choses qui m’ont surpris, notamment ces maisons toutes identiques, les heures de repas (si tu ne mange pas à 11h00 tu crèves la dalle jusqu’à 14h00), les lunchbox, les chips parfumées, les sandwichs triangulaires (à l’époque cela ne se faisait pas en France), la conduite à gauche…

 Le soldat de plomb, ce n’est pas à Londres que je l’ai acheté, c’est au château de Windsor… Noyé dans une armée aux armes du château, c’était le seul de la tribu à ne pas être comme les autres…un peu comme moi quoi…

 

3 petits jours et… zurück
Ja zu Deutsch, classe de 4eme langue 2 Übung drei

Je vous avais parlé de mes années collège. Ouh, les jolies moments passés et agréables et calmes et tout plein de petites choses gentillettes… Ben cela c’est calmé à Partir de la 4eme.
Trois raisons à cette accalmie :
1 La phase de prés-puberté avec tous ces désordres hormonaux, qui transforment les gars de 5 eme en gros cons, est suffisamment avancée pour qu’ils se stabilisent un peu.
2 Les éléments les plus perturbateurs et indisciplinés avaient été éjectés du cursus classique.
3 J’entamais ma deuxième langue : l’allemand.


Généralement en France, pour que vos loupiots puissent être  dans un « bon collège » soit vous les inscrivez dans le privé –si possible chez les cathos, soit vous choisissez des options linguistiques « Nobles » ou rares. Pour bien faire, c’est dans l’ordre : Allemand en première langue puis, anglais, latin, grec voir si possible une autre langue vivante (le Chinois ou le Russe par exemple)
Bon, dans mon cas, cela avait mal commencé : anglais, comme tout le monde… Mais l’allemand en seconde langue, cela écrème : l’idée des déclinaisons et les stéréotypes genre « Papa Schultz » donnent des sueurs froides… sans oublier le coté : « quand est ce que je respire dans un mot long comme une phrase » (la limitation de vitesse : die Geschwindigkeitbegrenzung).
Comble du bonheur, ma prof semblait tout droit sortie de la Wehrmacht : personne ne mouftait…

En fin d’année, nous avions fait un séjour en Allemagne, le long du Rhin.
3 jours : en passant par Aix la Chapelle (Aachen), Trèves, (Trier)  Cologne (Köln) et de là on longeait le Rhin.
Première découvertes avec les sauces sucrées pour assaisonner les laitues. Première nuit bien fatigués dans un hôtel « classique ». Découverte des édredons teutons : ils sont exactement de la même taille que le matelas : si tu bouges, ils tombent au sol et tu te réveilles les pieds froids… visite de la cathédrale de Köln, de quelques châteaux le long du Rhin avec leur formidable variété de hallebardes.

Dernière nuit dans une auberge de jeunesse perdue en pleine campagne en plein champs… Les hormones travaillaient à plein, si loin des parents… les gars et les filles avaient été répartis dans deux ailes séparées de l’auberge. Même en faisant le pied de grue toute la nuit, les profs n’ont pu éviter les passages subreptices des uns chez les autres… une véritable chasse où furent découverts qui en calçon sous les lits, qui en soutien-gorge dans les armoires quand ce n’était pas des bettes à deux dos au pieu.
Nuit de folie qui s’est soldée par un nombre élevé d’avertissements envoyés aux parents dès le retour au bercail.
Et le Pierrot ? Nada le Pierrot. Pour pouvoir être chopé, encore eu-t-il fallu que je me trouvasse dans le bâtiment…

Après une partie de carte, un des gars du dortoir avise l’échelle de secours à coté de la fenêtre. « Qui veut venir avec moi au village ? ». Personne. Visiblement que cela soit l’appel des pudenda ou au contraire, l’absence de *ouille, ces petits durs se dégonflaient… L’investigateur allait probablement se dégonfler aussi quand le Pierrot, s’avança : moi les paires de pudenda…il m’arrive parfois d’en avoir plutôt deux fois qu’une… et puis, franchement j’en avais marre de m’em*der tout seul dans mon coin…  j’étais plutôt pudique à cette époque, alors aller faire cache-cache avec les donzelles...
Et nous voila escaladant l’échelle, prenant soin de ne pas nous faire choper par les occupants de l’étage inférieur, passant par derrière pour atteindre les champs. Il était évidement impensable de passer par la route juste à coté de l’Auberge. Le champ était labouré, la terre lourde collait au pied. Une fois suffisamment loin nous avons marché sur le bas coté, question d’enlever un peu de la boue du dessous des groles. Une voiture arrive derrière notre dos. Nous nous retournons. Elle avance lentement. Dedans, un des employés de l’auberge de jeunesse. Regards incrédules qui se croisent… on n’en menait pas large. Mais finalement il continu son chemin : deux ados qui font le mur, ce n’était probablement pas la première fois qu’il voyait cela…
Au retour, les chaussures étaient méconnaissables. Le danger était de se casser la gueule sur les barreaux : les semelles des chaussures n’étaient plus que glaise (et la boue c'est vraiment casse-g même avec des chaussures adaptées)… je ne vous dit pas ce que j’ai ramassé dans les mains en passant en second… Il y avait un petit lavabo dans le dortoir quasiment vide, où nous avons pu rendre les groles plus présentables. Les autres nous avait couvert, il faut aussi dire que outre la technique du polochon, il eu aussi fallu que les profs fusent dans les dortoirs des mectons… Ils se concentraient prioritairement dans les couloirs d’accès et dans les dortoirs de l’autre aile, pensant que les porteurs de robignoles seraient bien plus enclins à prendre le risque de la traversée, même si ils chopèrent au passage quelques entreprenantes.

Et quand aux deux loustics qui avaient fait le mur… de véritables petits anges qui n’ont jamais été ennuyés ou réprimandés …

C'est fou ce qu'une simple carte postale peut faire sortir comme souvenirs...