18.05.2012

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Vendredi 18
Il est 13h 30
Jour exceptionnel car ma boite nous a donné cette journée.
Toutes les administrations ne font pas le pont, la poste notamment. Cela tombe bien : j'ai un recommandé à envoyer.
Après avoir complété ma feuille de déclaration, récupéré des originaux pour compléter un dossier, récupéré un RIB... me voilà parti avec une enveloppe bien fournie.

J'ai déjà envoyé des recommandés à divers postes. Ce qui est étonnant, ce n'est pas tant le nombre de personnes là pour vous servir que la proportion des types de guichet.
Dans les quartiers huppés, la spécialisation est répartie entre les envoies de colis et les guichets pour tous les autres types de traitement.  
Dans les endroits populaires, la Poste est souvent la banque de quartier. Les guichets dédiés aux services bancaires sont donc souvent séparés des autres services.
Ici, dans mon quartier aux tours et barres de béton remplis comme des œufs (de coucou?)  part des personnes touchant le RSA, la « banque du pauvre » qu'est la Poste est d'une importance primordiale...
C'est une « banque » d'autant plus solide qu'elle ne fait pas mumuse avec l'argent des clients et que l'Etat est un garant.

Lorsque je suis rentré dans ma poste, sur l'ensemble de l'espace disponible moins du quart était dédié à la clientèle pour les activités postales : machine pour les timbres, photocopieuse, table pour écrire sur les recommandés, présentoirs des produits postaux zone d'attente se trouvent là, étriqués, juste à l'entrée,  pour desservir le seul et unique petit guichet sans déranger les clients de la banque postale.
C'est bientôt mon tour et...une sirène retentit : un bug informatique sur le système de sécurité oblige à baisser le rideau de fer.    
Vais-je devoir revenir ?
Non, l'employée fonctionnaire me laisse remplir mon recommandé. Elle a les yeux rouges, et son visage est pâle comme un linceul. D'autres habitués s'inquiètent : elle est souffrante, ce qui n'a rien d'étonnant avec le yo-yo climatique de ces quelques jours. Ce n'est que demain, après son service, qu'elle pourra se mettre au lit.
La Poste dans les banlieues abandonnées au béton est souvent la seule présence - non coercitive - de l'Etat au service des habitants. Ce fonctionnaire connaît  les habitant du quartier, quoi que malade, elle est toujours là pour les servir. Malheureusement, ce n'est pas sur ces critères qu'elle sera jugée par sa hiérarchie : les Services Publics Français sont les seul au monde à donner des promotions aux incompétents pour les foutres dans un placard au lieu de les remercier.

Quelques contorsion pour passer sous le volet de sécurité qu'un agent à très partiellement ouvert, et me voilà parti faire quelques emplettes : des chaussures de marches pour remplacer les miennes qui après plus de 10 ans ne sont plus au top, une bouteille de rosé pour ce soir : Yann et mimi passeront dîner avant de partir s'éclater... passage au Décriff', au Furet du Nord...et une petite pause devant un verre de blanc, bon prétexte pour écrire ces quelques lignes

Bientôt 14h00, il faut que j'y ailles : j'ai une darde de saumon qui m'attends...
  

25.01.2012

Tenue de camouflage

Mercredi 25 janvier
Je suis parti ce matin avec deux pull sur le dos : dont un gros bien enveloppant genre sac à patate.
Fait-il donc si froid ?
Que nenni
vetement,vetements,banlieueCe pull monstrueux d’après l’opinion générale (confortable d’après la mienne), a cet immense avantage de planquer ce qui est en dessous : un petit gilet bien échancré, une chemise bleu pétante, et un T-Shirt Noir. Ajoutez à tout cela un pantalon noir et des chaussures aussi noires et pas trop abimées…. Et le Pierrot semble enfin bien habillé pour un monde civilisé !
Pourquoi planquer ?
Ben je n’habite justement pas dans la même civilisation ! La tenue officielle là où je vis, c’est pour les jeunes les pantalons bagy et le truc à capuche…  et pour les plus vieux, le truc immonde de sport, les pantalons Emmaüs et les pulls itou…
En banlieue – hors Neuilly - si tu ne portes pas une marque « Abbé Pierre » c’est que tu trempes dans les trafics… ou bien c’est qu’il faut t’éclater ta salle tronche de bip…
Il faut comprendre que les « métros » ne sont pas censés exister au delà des portes du Métropolitain.


C’est idiot, mais c’est comme cela !

Il y a même une blague qui circule chez les cafetiers autours des Halles, le point de ralliement de presque toutes les lignes de RER et à quelques encablures du marais : « les chiottes c’est le vestiaire des « dep » de banlieue ».

Alors pourquoi avoir acheté des fringues aussi visibles ?
Ce n’est pas seulement à cause des soldes, c’est que dimanche, après ma première séance de Sport, j’étais bien… et avec la patate (sans le sac)
En fait ce WE du 21 22 a été très agréable et pas prise de tête. Il ya bien des petites choses à raconter…
…Dans un prochain billet.

22.03.2009

On est toujours le mouton noir de quelqu’un !

Je ne fait pas assez baraqué, méchant, brute épaisse et j’ai les yeux bleues…Cela n’est pas sans danger  

 

 

Je lisais un panneau en rentrant hier soir :

Du 21 au 29 mars 2009 Semaine d'action contre le racisme et l'antisémitisme

 

 C’est madame le maire qui organise cette semaine là !

Faut aussi dire qu’il y a eu des précédents qui on « légèrement » terni l’image de sa ville

 

 

L’année dernière en janvier, un jeune homme a été séquestré et torturé pendant trois semaines par une quinzaine de jeune monstres habitant la ville Il est mort le 13 février des suites de ses blessures…

Les barbares ont été arrêtés. La victime, juive, avait été vraisemblablement choisie, selon les premiers témoignages de personnes mises en examen, à cause du préjugé selon lequel “les juifs sont forcément riches”. Circonstance aggravante : trop looké « métro » aux yeux des jeunes de la  « Técy »

 

 

En fin d’année dernière, un autre jeune a été séquestré et torturé. Il s’en est sorti vivant. Mais comme il a porté plainte, il ont été obligés, lui et sa famille, de fuir la ville…

Son crime ? Toujours le même : paraître juif, céfran et « PD »

 

Mise à part quelques rares entrefilets dans la presse ou la radio au moment des faits, les injures homophobes ne sont plus mises en avant pour les deux crimes.

Certes, aucunes des deux victimes n’étaient des « déviants ». Mais cela n’enlève rien au fait que pour les jeunes locaux le fait même de pouvoir être soupçonné d’en être est suffisant pour qu’ils vous massacrent…  

 

Pourquoi voulez-vous que cela change  quand les médias eux même véhiculent l’idée que c’est normal de casser du biiip. A la télé, locale, certains représentants  avait une façon d’emmener la chose bizarrement… C’était du genre : les cons, il n’était même pas « Dép ». Comme si aux yeux du présentateur et des locaux si le survivant n’avait été que « ça », les barbares du second gang auraient eu leur absolution…

 

Les préjugés devraient être condamnés sans qu’il y ait une forme d’impunité pour l’une d’entre elle…

Il y a encore du boulot…

23.06.2008

Montmartre, petit village au cœur à jamais jeune

Jeudi, 12 juin.  Souvenirs, souvenirs

 J’ai rendez-vous avec mon cousin pour lui remettre  des documents…

Je suis à Paris dans mon ancien quartier…

Petits chocs : la vie continue en oubliant ceux qui sont partis…

 

Le pressing, dans lequel je faisais nettoyer ma couette, est définitivement fermé. A la place de ce chantier,  peut être une nouvelle boutique ou un logement auront effacé ce petit commerce…

Je ne sais…

Le magasin de tissus rue Labbat à fait place à un bouquiniste spécialisé dans les vieilles BD Européennes et US…

Dans la rue Bachelet, l’immeuble d’à coté est en travaux : ils refont tout le premier étage… Les travaux du  restaurant yougoslave sont enfin finis… Il n’en reste pas moins fermé même à cette heure !

Le RDC de « mon » ancien immeuble est enfin en travaux ! La boutique qui était fermée depuis une vingtaine d’années va probablement devenir un logement…

 

Que de changements alors que je suis parti il y a moins d’un an !

A « La halte du sacré Cœur », j’écrits en attendant Gwen…

Cela fait plus d’une heure que je fais durer mes bières et je commence vraiment à en avoir marre : je suis crevé et le fait que je sais que j’aurais encore plus d’une heure à me taper pour rentrer en banlieue ne m’aide pas…


 Montmartre_01  Montmartre_02

 

Montmartre_03


 



Je n’arrive pas à m’intégrer ni même à trouver de l’intérêt aux conversations de mes voisins de table…faut croire que je ne suis plus dans le coup…

 

Deux demoiselles qui travaillent dans le Showbiz ou pour le cinéma -ou je ne sais quoi du même genre-  parlent de maquillage…

A une autre table des « jeunes » du haut de 25 ans refont le monde en rigolant…

SourireFinalement, non le quartier n’a pas changé- seuls les visages et les façades changent-ce qui est la même chose. Toujours les mêmes « djeuns » qui brûlent la vie, la rêvent à cent à l’heure avec toute l’insouciance et l’inconscience de leur moins de trente ans…Comme si le monde n’était que amusements, dernier spectacle d'Untel entendu sur Nova, fringues à la mode et surtout totalement suspendu aux nuages,  sans lendemain ni réalité… A croire que cette jeunesse est en permanence sous l’effet d’une quelconque plante dioïque…

J’avais oublié à force d’y vivre en permanence…


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 En banlieue, la réalité on la prend en pleine poire au quotidien : c’est les transports puants, et anarchiques et d’autres « désagréments » impubliables …

 
Ici,  le temps  ne s’écoule pas de la même façon.

De l’autre coté du Périph, chaque chose à son heure. Si jamais vous ne la faite pas en temps et en heure, il n’y a pas de séance de rattrapage… Alors qu’on dirait que les parisiens se débrouillent toujours pour foutre quelque chose dans chaque heure… Surtout ne pas s’arrêter, sinon on regarderait la réalité en face…

 Pas grave, la ville ne dort jamais : on peut même acheter sa baguette  à minuit à Chateau-Rouge...

 


Oui la vie est dure, loin de la fée clochette. On sue, et la poisse coule le long des barres et des sièges  de nos RER… Les visages et les corps sont fatigués, usés par le boulot et les transports interminables…

Les mains de « cette France qui travaillent » sont souvent  calleuses de part chez nous… Ben quoi on peut être du 92 sans s’appeler Hardikon, ni travailler dans la Com’, ou avoir un papa à talonnette qui vous règle vos problèmes de scooter…

Et quand aux cols blancs,  ben ils dorment jusqu’à leur station. Puis, ils  font rentrer leur bide à bière sous le volant de la bagnole qui les déposera au pied de leur  HLM ou de leur  pavillon de banlieue… Vu la fatigue, c’est le pilote automatique… Plus qu’à s’affaler dans le fauteuil… devant la télé le temps que la soupe soit prête…

Seul consolation quand il y à des match de foot : on passe de l’automatique au turbot et puis on se fait livrer… On partage alors avec voisins, amis et famille,  pizzas et bières  en grattant ses propres couilles – c’est pas Tataland ici…

 

Sortir ?

C’est l’expédition… Le simple fait de changer du schéma  « RER Boulot Dodo » vous fait rentrer à pas d’heure… Vous avez intérêt à être prêts de Paris et d’une ligne de Noctilien…sinon c’est cuit ou faut avoir un pote avec une « tire » (une voiture)

 

Clin d'oeilEuh j’exagère quand même un peu depuis tout à l’heure, je sais … ;-) Cela doit être les Cht’i qui me reviennent…Mais je pourrais écrire bien pire dans les stéréotypes et les étiquettes… J’adore l’humour par l’absurde ou quand on ne sait plus ce qui est du lard ou du cochon…

 

  Chiche je vous le fais un jour !

 
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Ah Montmartre…

C’est la république, le temps des cerises, les contestations, les Utopies, les poulbots (enfants)  qui dévalent les ruelles et pour lesquels monsieur le maire avait créé des espaces de jeux publics… Le vrai Montmartre, c’est cette jeunesse du cœur… généreuse et rêveuse... Pour le retrouver, il suffit de passer de l’autre coté de la butte, fuyant les zones à touristes… Là entre la basilic et la mairies du XVIII, vous le vivrez…


Je les avais oubliés…tout ces petits riens parisiens…

 

Le temps passe... A d’autre de les vivre ces petits riens du petit village de Montmartre…

 

Vous,  étudiants  qui me lissez, enivrez vous, buvez à la régalade et faite vibrez votre jeunesse du feu de l’insouciance car vous être le cœur battant de Montmartre… 

03.06.2008

Les petites sardines du matin…

Dernière semaine de mai 2008 un matin

Je suis en banlieue parisienne et doit prendre le train de la ligne B.

Sur le quai, déjà bondé, le climat lourd et orageux commence à nous rendre nerveux comme des moustiques…

Un  RER arrive…il ralentit, roule de plus en plus lentement…Attention il va s’arrêter…

Oui, oui… Non !

Il repart sans même avoir ouvert ses portes laissant les moucherons que nous sommes s’agiter dans la station…

Un autre train fonce vers nous avant de freiner et de  s’arrêter tant bien que mal…

Quelques trop rares personnes sortent de la rame avec un visible soulagement…

Nous essayons de rentrer…

Ben vu que le train est déjà bondé,  c’est impossible pour une partie d’entre nous… Les portes se ferment difficilement, frottant contre des bides, des cuisses, des dos, écrasant des pieds et  jambes prestement rentrés…

Je laisse partir le bloc de ferraille et de chaire. Ce n’est plus une boite de sardine, c’est de la brandade de morue…

 

Enfin une troisième rame arrive… Nous  sommes  seulement serrés comme des sardines…  

Le conducteur pourrait freiner ou accélérer, faire du rodéo dans les courbes… épaule contre épaule on risque pas de tomber…

Une femme accourt pour sauter dans le train… Cela lui sera difficile de reprendre son souffle et de gober de l’air frais: les portes du  wagon ne s’ouvriront pas avant cinq stations…

Pourvu qu’elle ne fasse pas un malaise avant parce que pour la désincarcéré ce serait du sport…

 

Dans deux heure à Bruxelles se sera la  pause sur le pouce : le petit blanc avec, tranquillement installées sur leur pain, nos petites sardines…

RER_B