18.08.2010

Noirmoutier - Bio de chez bio

Mercredi 11aout 2010 L'Herbaudière (Noirmoutier)
Je suis dans un bar donnant sur le port. Un bateau de pêche est en carène juste en face de moi. Les mats des voiliers de plaisance dépassent au loin.
L'Herbaudière, petite localité de l'île de Noiroutier n'est pas totalement un champignon touristique... bien au contraire, il y a une vie ici  : le port de pêche est en activité toute l'année. J'écris sur mon petit carnet avant de repartir acheter du pain, une ou deux cartes postales et puis aussi un marteau à huitres tout neuf !

Ce mercredi, la marée est basse vers 13h00 avec un fort coefficient. Les rochers sont dégagés laissant à nu des bancs d'huitres. Grattoir, récipients, marteaux à la main nous sautons de rocher en rocher pour aller chercher notre repas de mi-journée : huitres sauvages, bigorneaux, crustacés. C'est la joie de la pêche à pieds, la course à l'épuisette surveillant au loin un banc de sable pour s'assurer d'avoir encore le temps de revenir au sec. Deux vieux marteaux à huitres avaient été abandonnés ici par les anciens propriétaires.  Ils sont mis à contribution.

Difficile d'avoir les bivalves. Combien de succulentes huitres malencontreusement ouvertes  ont été gobées à même le rocher faute d'avoir étaient récupérées malgré les coups de marteau !

Quelle pêche ! Un petit crabe, des bigorneaux et une bonne centaines d'huitres.
Une cousine de mon père est arrivée hier avec son mari. Anne-Marie et Andrée se sont donné aussi à coeur joie. Ils ont toujours eu un petit potager et quelques arbustes fruitiers. Ils ne sont pas arrivés les mains vides : deux mimosas à planter et des légumes et fruits du jardin par paniers entiers.

Ce midi, ce fut huitres bien laiteuses triées et ouvertes par le Paternel, bigorneaux dénichés et cuits par Marianne et haricot-vert du jardin. Quelques tartines avec du beurre salé  de Marcoule : rien  d'industriel !

Depuis quelques jours, difficile de manger plus bio !

 

DSCI0003.JPG
Pierrot se prépare (Photo André)
Marrée basse IMGP0296.JPG
Le champ d'opération : Marée basse à fort coef
Maree haute Andre DSCI0030.JPG
A marée haute (photo André)

08:00 Écrit par Pierrot dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : noirmoutier, huitre, peche |  Facebook |

19.10.2009

Le ventre de Rouen : les produits du terroir Normand s’invitent en ville

8h15, lundi

Il ne faut surtout pas que j’oublie le fromage que j’ai mis de coté ce matin au bureau.

Du vrai Neuchâtel, cela ne se trouve pas à tout les coins de rue de France et de Navarre, encore moins au pays des lutéciens et des sarrasins…

 

C’est que j’étais au pays ce Week-end.

Malgré mes problèmes de santé, il fallait bien que je sorte pour acheter mon billet de train de retours. Je profite donc qu’un Oncle vienne pour causer de choses sérieuses avec sa sœur pour faire d’un « Pierrot deux coups » : billet + discrétion.

Plutôt que de retourne directement à la maison, je descends vers la Place du Vieux Marché.

Comme chaque année à la même époque, avant que ne viennent la foire Saint Romain, c’est la fête du ventre à Rouen : deux jours où les exploitants des terroirs de Normandie présentent leurs produits…

Là les ruelles sont noires de monde. Il fait beau et les gens en profitent pour déambuler entre les échoppes. On s’installe en terrasse devant des bières ou des vins chauds, on cause avec les agriculteurs du cru, on se fait une petite rincette de cidre, on rigole, hume, goute, mastique…

C’est toute la Normandie qui est descendue dans le ventre historique de la ville au cent clochers

 

Je prends part, moi aussi, à ce petit pèlerinage des papilles …

Ici et là, pommes et poires sont vendus sous toutes leurs formes : en vrac ou en petites quantités. Des variétés locales et anciennes côtoient d’autres fruits plus modernes… Cidre, poiré, pommeau…Mais aussi gelées et confitures…

normandie_pomme
 

Pour faire original pour l’anniversaire de Phil, j’ai pris une confiture de pomme, café et calva : « Pousse au cul », nom bien trouvé avec l’humour tout à fait typique de ma Normandie natale.

 

Un grand absent : le calva… C’est que la charge de bouilleur de cru qui était héréditaire a été abolie depuis des dizaines d’années. Les derniers vieillards qui - il y a quelques dizaines d’années encore passaient de ferme en ferme pour distiller le précieux breuvage- ont emporté leur alambic dans la tombe …

Officiellement, plus personnes dans les campagnes n’est censé se faire sa petite goutte artisanale.

alambic01
Mais si les politiciens de Paris sont connus pour être des filous, à finaud, finaud-et-demi : cachées dans les granges quelques cornues font encore la joie des Normands. Les bonnes adresses sont transmises sous le manteau –comme les bouteilles… 

 

Même si la bière est plus connue dans le « chnord », il existe tout de même en Normandie quelques rescapées revenues au goût du jour… La plus connue est la northmaen (www.northmaen.com/  ). Northmaen

Mais il en existe bien d’autres, comme les bières de l’abbaye du Vallasse (plus d’infos http://www.normandie-heritage.com/spip.php?page=blogs&id_article=448 )

 

Il fait beau, mais froid. Rien de tel qu’une bonne soupe pour se « récauffer ». Justement, octobre, c’est la dernière ligne droite pour le cresson des fontaines. Ce maraîcher en propose une louche bien chaude. Des bocaux de soupes mais aussi des bottes sont à vendre. Sur des petites fiches, cet habitant de Clères n’a pas hésité à écrire de bonnes recettes en sus de ses coordonnées. En cette période, il y a eu une razzia sur la recette de la soupe de cresson : dommage, je sui passé après la bataille…

Clères est en Seine maritime. Il n’y a rien d’étonnant à avoir dans ce « Pays »  des agriculteurs spécialisés dans cette plante qui pousse dans l’eau : le plateau est parsemé de rus et petits fleuves côtiers…Autant de cours d’eau où il est facile d’installer des cressonnières.

  

Lorsqu’on dit « foie gras » à un francilien, il pense immédiatement : Oie & Aquitaine…

C’est sans compter avec les spécialités Normandes !

canard_Duclair
Le canard sous toutes ses formes est aussi une spécialité de mon pays. Bien sûr il y a le célèbre canard à la rouennaise préparé avec un canard de Duclair (qui ressemble à un Colvert). Recette plutôt spectaculaire puisqu’on prépare le suc de votre plat en broyant la carcasse de l’animal devant vous… (Plus d’info sur le site de l’Ordre des Canardiers
http://www.canardiers.asso.fr/default.asp?file=pg0-0_fr)

Mais limiter nos spécialités  à cette recette est plutôt réducteur. Foie gras, mi-cuit, confit… il y a pour touts les goûts. Je ne sais pas si c’est lié à notre climat plutôt humide, mais apparemment ce palmipède donne bien chez de part chez nous : et plusieurs élevages normands, coiffant au poteau le Sud-ouest, ont décrochés des médailles pour la qualité de leur produits…

J’ai pris un mi-cuit pour un prochain gueuleton entre amis…

 

Quoi d’autre ?

Et oui le fromage !

Victoire ! On à gagné la guerre du Camembert : ce fromage, les industriels ont voulut qu’il soit fait avec du lait pasteurisé. Quelle horreur ! Saches, cher lecteur, que tu ferais hurler un Normand en sortant ton « klacosse » du frigo ! Alors dénaturer le lait avant même de faire le fromage…

Pour info, les plus grands spécialistes du vin ont tenté en vain de trouver l’accort parfait. En bon Normand, je puis te le dire, cher Rabelaisien, que la seule boisson qui convienne avec ce fromage est un bon cidre fermier !

neufchatel
Mais nous n’avons pas que ce fromage la ! Livarot, Neuchâtel, et Pont-l’Evêque sont aussi de notre cru !

 

Enfin, comment oublier les produits de la mer…

C’est assez étonnant de voir les visiteurs repartir avec des bocaux remplis de soupe de poisson…

Ce n’est que lorsque la Foire Saint Romain occupera les quais de Rouen que nous seront en pleine période du Hareng. Simple copieux et équilibré, le hareng mariné ou grillé est un délice d’automne… Un de mes oncles, maintenant expatrié comme moi en île de France, n’hésite pas à faire le plein de glacières !

Et la perle des perles : l’huitre de Saint Vaast. (http://www.saint-vaast-reville.com/huitres-ostreiculture-saint-vaast-la-hougue-reville.html)

huitres
Contrairement aux claires d’Oléron, celles-ci ne sont pas affinées à l’eau douce. Les huitres Normandes, sont principalement de pleine mer. Elles ont un goût iodé et salé très prononcé. Il est encore un peu tôt dans l’année et elles manquent encore un peut d’ampleur mais à la fin novembre elles seront à se damner : Avec les « Saint Vaast », nul besoin d’une sauce hyper sophistiquée pour donner du goût, une tranche de pain beurrée suffit ! Juste à la rigueur une petite pointe de citron…

 

Ce fut un dimanche des plus agréable pour le convalescent que je suis…