25.10.2008
Edgar et Pierrot : le couple improbable
J'ai reçu la revue « Edgar » pour le travail...
La réception de cette revue - intitulée (le) « Premier magazine du Luxe au masculin » - en cette période de crise et de débâcles financières tient du surréalisme...
De visu, la revue elle même ne fait pas dans la dentelle « Liderprice».
Comme les magazines qui se veulent masculins et sérieux, le texte calibré et dense a une grande place...
A contrario, les féminins ou people sont plus enclins à l'hégémonie des photos criardes et « flashy »accompagnées par quelques micro-pavés de texte anorexique et visuellement bling-bling).
Edgar -dont rien que le nom dénote que nous ne sommes pas dans la famille Groseille- use d'un papier épais agréable au touché ce qui change des cigarettes des feuilles de chou....
La maquette est épurée...
A l'espace blanc des pages dénotant une revue qui se veut haut de gamme (vous avez la même chose pour la revue « Résidence décoration »), de simples traits, fins épurés et rares qui séparent les colonnes de texte, ou les titres du reste de l'article sont typiquement masculins...La typographie haute et étroite, au corps maigre dénote également des lettres tracées par des hommes vrais épurés et sûre d'eux, de leur présent et de leur avenir... à destination des yeux de leur condisciples, c'est à dire du genre golfeurs ou joueurs de squash - le tennis s'étant honteusement popularisée ma pauvre dame...
Si vous n'aviez pas encore compris -pauvres manants- que cette œuvre de papier glacé n'est point pour vous, regardez donc les pages de publicités et les produits présentés d'une manière élégante, esthétique et stylée : la moindre babiole nécessiterait deux mois de votre salaire...
Les sujets ne peuvent que faire penser à quelques rêves inaccessibles :
Hôtels dont la nuitée la dans moindre petite chambrette suffirait au commun des mortels à partir en vacance un mois...
Restaurants dont la portion congrue de dessert comme esseulée dans une immense assiette design suffirait à payer un an de bouffe à un éthiopien...
Choix de montres dont la vente de la moins recherchée vous paierait six fois votre prime de licenciement...
Et en ce qui concerne les moyens de locomotion, c'est un véritable festival « versaillais » : yachts (un vrai pas celui en plastique et gonflable rangé au fond du garage), deux-roues à mille lieux de votre vieux vélo transmis de père en fils, et « voiture » dont le seul prix d'un enjoliveur permettrait de payer rubis sur ongle une « tuture » neuve en lieu et place de celle que vous avez récupéré à bas prix au fin fond du 9-3...
Enfin l'édito finit de vous convaincre que nous ne sommes pas du même monde...
L'édito est l'une des dernières choses écrites dans une revue. Ecrit par le rédacteur en chef, il est souvent le reflet de ses humeurs et de l'actualité...
En ces temps noirs de faillites de banques, de licenciements, de mise au chômage technique, de familles expulsées par tombereaux entiers, de monté en flèche du chomage, des intérimaires sur le carreau, de tensions sociales qui pourraient transformer le vieux continent encore une fois en un charnier et en une mer de sang comme ce fut le cas à causes de la crise de 29...
En ces temps obscures, donc, précédant pour le commun des mortels les prémices d'Armageddon...
Le détachement de la rédactrice en chef et les sujets frivoles et sans conséquences suggèrent que tout est au mieux dans LEUR meilleur des mondes...
Visiblement leurs lecteurs et moi, nous ne sommes pas sur la même planète...
12:20 Écrit par Pierrot dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : presse, homme, luxe |
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