23.12.2010
Comptine de Noël
Vu dans la Newsletter e la Seprem
Le 25 décembre à 2 heures du matin, D.N. fut réveillé par son smartphone qui jouait « Jingle Bells », la sonnerie achetée la veille, bien moins onéreuse et salissante qu’un sapin.
Sans quitter son lit, il se connecta pour vérifier qu’ « il » était passé, ce qui était le cas. C’était un beau Noël : un chèque cadeau multi enseignes virtuel qui mettait fin à ces surprises qui ne sont pas toujours bonnes ; un « Bon pour » sous forme de courriel qui allait permettre d’éviter ces insupportables paquets cadeaux que l’on n’arrive jamais à ouvrir sans tout déchirer (sans compter tous ces emballages à mettre dans la poubelle jaune) ; une carte de téléchargement de musique, solution évidente pour éviter les CD rayés ou égarés, les problèmes de stockage et tout ce temps perdu à rêvasser sur les pochettes ; le Goncourt en version numérique, soit 300 grammes de moins à transporter dans le métro ; quelques amusantes cartes de vœux virtuelles avec des Smileys partout.
Le 25 décembre à 2 heures 30 du matin, D.N. en avait terminé avec Noël(…)
L’auteur de cette petite nouvelle finit sa prose par un questionnement (supposé) de D. N. « comment expliquer que ce Noël parfaitement rationnel et efficace suscite aussi peu de plaisir ? »
* D.N. (Digital Native est son nom complet)
L’auteur a évidemment un présupposé, suggérant que ce Noël électronique et rationnel est sans émotion…
C’est évidemment penser comme un Homo pres-Facebookii.
Et je comprends fort bien que pour Nous autres de cette génération, le palpable renferme une émotion, un attachement.
Moi qui suis très tactile, au point d’être connu parmi mes proches et amis comme le « roy du massage » (une reconversion possible ?), la sensation physique est importante. Le ressenti des bruits de la chaleur du soleil… toutes ces choses qui appartiennent au monde physique est pour nous si réel, si vrai.
Mais même ceux qui se disent dans cette réalité peuvent oublier leur sens…
Comment expliquer à mon prochain la sensualité de tenir un livre relié ? Cette marque des cordelettes attachant les feuillets ensembles… Cette sensualité du cuire…
Avez-vous été en pleine campagne entre les champs en fermant les yeux pour écouter ? Le bruit du vent passant dans un champ d’orge est plus métallique qu'au dessus du blé.
Pour nous ce monde physique est le monde réel. Mais pour un D. N. ce n’est pas forcement SON monde…
Le monde physique est pour lui celui qu’il subit. La maîtrise des technologies entraine chez lui un plaisir des choses qu’il peut obtenir sans problème.
Le monde virtuel est pour un D. N tout aussi réel que le Notre : il y rencontre ses amis, y fait les boutiques, y récupère les infos pour ses ringards de profs… tout cela avec la possibilité de se déconnecter si il en a envie… Un peu comme si on pouvait passer de son salon à la cabine d’essayage par téléportassions sans subir la marche sur le verglas, les transports en communs bondés et nauséabonds, la queue à l’entrée des boutiques, les rencontres désagréables, etc...
Avoir facilement sans se prendre la tête le Jingle Bells à la place du sapin, les pass pour acheter sur le Net et se faire livrer chez soi est un plaisir réel non seulement parce que cela fait toujours plaisir d’avoir un cadeau mais aussi et surtout parce que le D.N. n’a pas à s’em*der avec les cadeaux indésirables et autres trucs de Notre monde à Nous…
On peut s’en désoler, on peut ne pas tres bien comprendre que cela soi pour eux bien plus important que notre image d’Epinal des cadeaux du matin au pied du sapin…
Mais on ne peu surtout pas en faire abstraction… surtout si c’est pour faire du commerce.
Il existe un mot japonais : « Benri » pour désigner ce qui est pratique, facile, pas prise-de-tête, efficace et pertinent…Une expression assez ancienne puisque déjà présentée dans les chroniques de Jean Francois Sabouret sur France Inter et publiées dans Le Japon quotidien (Edition du Seuil )
Le D. N. n'est pas une génération spontanée... c'est l'accumulation de tendances (Benri, communauté, égocentrisme, pragmatisme, "matérialisme») qui à explosée grace au Net et au réseau sociaux...
BENRI
On ne peut plus imaginer un produit, un service sans penser à ce sens…
14:10 Écrit par Pierrot dans Internet - Numerique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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