14.04.2009

Cabotage financier du Cap à Brugge

Deuxième samedi d’Avril

 

 

Exceptionnellement, Yann travaille aujourd’hui. Il est arrivé hier soir vers minuit de chez ses Parents et n’a pas eu le temps de poser un chèque.

Une de ses amis est en région parisienne… A-t-elle trouvé ou dormir pour ce WE ? Ni lui et encore moi le savons…

Ainsi serait-il judicieux que ma chambre de mec célibataire puisse accueillir une demoiselle. Cette idée m’a réveillé assez tôt. Rangements, coups de balais, nettoyage rapide de la salle de bain. Les fenêtres sont ouvertes pour laisser sécher le sol. Le frigo vide la veille a été rempli par les bons soins de la maman de Yann. Cependant, il y a encore deux trois choses à compléter. Je sors dans la double perspective de finir les courses et de déposer ce cheque d’une valeur conséquente…

Laplace, l’agence à coté du RER est fermée !  Ma foi, comme je dois prendre un billet de train pour Yvetot, autant partir pour Paris à la recherche d’une agence ouverte.

Dans la rame, un habitant du Cap (Afrique du Sud) est embarrassé. Je l’aide un peu. Nous sortons  à Saint Michel et je l’accompagne à un ou deux points touristiques qui lui permettraient de répondre à l’attente de ses amis. Chemin faisant, et tout en donnant quelques précisions touristiques et historiques, mon regard est également à la recherche d’un « LCL ».

Je le laisse Aux Halles. Lui continuant son voyage avec les amis qui vont bientôt le rejoindre, et, moi à la recherche de l’Agence Perdue.

Ah celle-ci est en travaux. Celle là est fermée le samedi. Regardant les adresses des agences les plus proches, me voila écumant les rues au alentours de la Rue  Saint Denis, puis passant dans Le Marais. Je commence à avoir faim, mais impossible de s’acheter des Falafels Rue des Rosiers car il y a trop de monde. Je continue Rue de Rivoli. Enfin une agence... Fermée aussi ! Mais un écriteau sur la devanture précise ,enfin, LA seule information valable : Toutes les agences de cette compagnie sont fermées du Samedi au Lundi de Pâques compris.

Place Bastille. Je commence à avoir les crocs. Je fais le tours des restaurants et troquets…les prix sont aberrants !

 

Au Falstaff (place Bastille) la carte propose un Croque Monsieur pas trop cher avec la bière du mois : belge de Brugge.

Banco !

http://www.fra.cityvox.fr/restaurants_paris/le-falstaff-bastille_23739/Profil-Lieu

  Falstaff

Le big croqu’ !

Sur une méga tranche de pain Poilane, une à deux tranches de jambon de Paris. Le fromage déborde et dégouline généreusement sur la faïence. Dans l’assiette ovale, salade verte, carottes rappées et frites accompagnent le Croque. La bière arrive...

 Une grande avais-je demandé. « Une grande ?»,  me demande en confirmation le garçon… Oui !  Oui !...

Wahouu La pinte ! ! !

Même à moitié vide j’ai du mal à la soulever avec mes petits bras de cannetons.

Une fois ma bière finie, je retourne prendre le Métro Aux Halles (j’ai cuvé juste un peu pendant le trajet), descente à Vavin pour tenir Yann au fait de mon insuccès et me libérer un peu de quelques hectolitres de belge. De nouveau le métro, pour la Porte d’Orléans. Achat au Liedel et  bus pour rentrer chez moi. Une fois les courses rangées. Je m’assois sur le lit et… me réveille une bonne heure après

 

Where Am I !!!

13:33 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paques, we, bar, paris |  Facebook |

Lundi de Pâques, en Normandie

Les musiques de Haendel et  de Mendelssohn bercent cette fin de matinée. Elles emplissent la grande salle accompagnant les coups d’aiguilles. Ma Stabat Mater est installée à l’une des fenêtres pour coudre à la lumière.

La grande salle est conçue comme une chapelle de bois.

Les poutres verticales s’élancent tout les deux mètres supportant depuis Henri IV une large toiture. Entre les poteaux et le vénérable mur de pierre et de briques, un espace d’1,50 mètre longe la partie centrale comme deux collatéraux. Les poutres monumentales en chêne brut s’élancent dans le vide traversant la nef centrale. Des fenêtres étroites, ponctuant les murs de pas moins de soixante centimètres d’épaisseur, apportent la lumière.

Au fond de la salle, une cheminée monumentale accueille les bûches. En simple pierre de taille elle pourrait accueillir trois personnes debout. Un massacre au dessus du linteau en est la seule décoration. Pourquoi plus de fioritures alors que les formes des vénérables pierres lient, par leur simplicité, force et élégance ?

De part et d’autre de l’âtre, des tabourets pour se chauffer à la flambée au cas où.

En ce moment ils servent de consoles à deux vieux cuivres.

Meubles anciens, tableaux de châteaux familiaux se répartissent le long des murs. Un piano droit avec ses bougeoirs attend les mains habiles. A coté, tel un trône Comtal, une chaise au haut dossier ouvragé, vestige d’une époque où le sens du devoir prévalait sur l’appât du gain et de l’argent d’une bourgeoisie envieuse.

Des plats en étain sont posés, le long du mur. Ils ont échappé à la fonderie, que cela soit pour payer l’équipement nécessaire pour assurer le service militaire auprès d’une bonne dizaine de générations de monarques, ou pour remplir les fouilles des arrivistes coupeurs de têtes.

Un tapis sur le pavé, délimite une première zone intime. Fauteuils confortables, tables basses, sont là en attendant des invités pour un agréable apéritif. , à l’opposé de la cheminée ; la pièce est coupée en deux par une mezzanine. Cet endroit est l’une des zones les plus intimes de la salle. Ici, une longue table de ferme attend les convives. Ah, les souvenirs de ces savoureuses viandes cuites directement au feu de bois dans la cheminée me viennent en mémoire. Petit barbecue d’intérieur…

 Des vieux Rouen attendent sur les vaisseliers ou dans les armoires vitrées. Sur un coté de cette alcôve, une échelle de meunier permet d’accéder à l’étage. En dessous des marches, la chaîne verse maintenant les envolées espiègles d’un violon. De l’autre coté, près d’une fenêtre, sur une chaise au coussin confortable, ma Stabat s’occupe d’un des rideaux. A la lumière du jour l’aiguille file sur ces motifs floraux, qui rendent plus aériens l’alternances des bandes de tissus aux couleurs identitaires qui on traversé un millier d’année : de gueule et d’or…

Un profond mouvement de violoncelle occupe le volume de cette pièce, enfle, et donne vie aux vénérables poutres de bois...

Au dehors, par la fenêtre, le regard va au loin dans la campagne normande…

La vue, un peu à gauche, est arrêtée par une formidable haie d’arbres élançant leurs branches couvertes de bourgeons. Plus loin, au-delà d’un champ brun, un autre petit bois donne, sous ce ciel presque laiteux, une indéfinissable impression de calme…

Un petit moment de bonheur simple un matin de Paques en Normandie