15.12.2008

Une petite cantate à trois

Dimanche 14 décembre

Cela fait trente ans que ma tante, Arlette Heudron, est décédée…
Mes souvenirs sont rares : j’avais six ans… et pourtant le peu de fois et de temps que je l’ai rencontré m’ont marqué.
Quand à la Postérité, elle retiendra ses œuvres, sa dextérité et son jeux sur l’orgue, et que pour beaucoup de baroqueux de la génération « Scott Ross », la croiser à souvent été décisif…

En sa mémoire, mon cousin voulait organiser un petit quelque chose avec la famille et les personnes qui on connu sa mère.
Cela veut dire un petit quelque chose entre « musikosses » comme certains « djeuns » diraient maintenant …

Bien que montée à Paris où elle était titulaire des Orgues de St P. de Chaillot, elle chérit en son cœur  Rouen et St Eloi…

C’est pourquoi, son fils, François Fernandez, ainsi que ses frère et sœurs ont fait des pieds et des mains pour organiser ce « concert » en ce lieu si important au cœur de ma tante…
Le problème ne venait ni de la paroisse, ni de l’association des amis de l’Orgue (bel instrument du XVIII siècle), mais du fait de travaux sur le bâtiment…
Donc officiellement il s’agissait d’une « manifestation privée »…

J’y ai retrouvé Charles et  Benjamin. Ils étaient venus chez moi à Paris il y a cinq ans pour essayer mon clavecin. Ne pouvant plus en jouer, il était pour moi impensable de le laisser mourir : un instrument qui ne vibre plus, c’est un meurtre ! Encore plus lorsqu’il fut votre ami, votre confident… Cela fut déchirant de m’en séparer mais quand on aime quelqu’un –les musiciens comprendront cet anthropomorphisme- il est parfois nécessaire de le laisser partir refaire sa vie…Charles l’a pris sous son aile.
Depuis, il a vibré plus d’une fois en concert à Rouen, et en Normandie.

 Cela peut paraître surprenant, mais sachez que les organistes s’entrainent préférentiellement sur ce type d’instrument plutôt que sur un piano et Charles Lemarignier (lauréat du concours d’orgues de Région 2007) ou Benjamin Alard (co-titulaire de l'orgue de Saint Louis sur l'ile de la cité à Paris) ne font pas exception à la règle…

Au programme de première partie, du Bach bien sûr. François au violon, et Benjamin à l’orgue malgré le froid m’ont réchauffé le cœur… Ce qui est bizarre c’est pour les applaudissements : nos mains claquaient autant pour les interprètes aux corps vivants parmi nous que pour l’interprète dont seul l’esprit était présent. Car il s’agissait de l’Orgue sur lequel elle joua si souvent !


Petite collation, les deux sœurs de la défunte, ma tante Ginette et ma mère, avaient préparé et amenés gâteaux, petites pâtisseries thé et café…

Pour finir cette communion musicale, une petite musique écrite par ma tante alors qu'elle passait à Nice : une petite ritournelle qui dans les souvenirs que j’ai de ma tante me semble tout à fait « elle » : légèreté et  espièglerie…

Pour jouer cette pièce inachevée, il fallu qu’ils s’y mettent à trois : François a joué la main droite, les parties basses et médium ont étés jouées par Marie Andrée (Morisset) et Benjamin... Tel que je me rappelle de ma tante, et notamment de sa dextérité, je parie qu'elle l'aurait joué toute seule !

 

Un petit rien entrainant avec le don du cœur et générosité ... toute simple…
Oui, c’était bien là ma tante Arlette…