14/12/2012

Un jeudi bien rempli

Ce 13 septembre, j'ai rendez-vous chez le chirurgien.

Cela fait trois mois, jour pour jour, qu'il m'a opéré le pied.
Mon calcanéum, avait éclaté en plusieurs morceaux, dont le plus gros avait totalement basculé et s'était encastré à 90° sous le pied.
Plus d'un mois plâtré et avec de la ferraille pour remettre en place les morceaux les plus importants, interdiction de poser le pied au sol jusqu'à nouvel ordre, fauteuil roulant, béquilles et séances de rééducation pendant des mois.
Je devais passer à l’hôpital en début décembre, mais les grévistes en ont décidé autrement.
Une radio dans le privé le premier lundi du mois... vision de la décalcification ! Crainte de devoir encore être bloqué encore pendant des mois...

Seul le chirurgien pouvait le décider. Nous avons pris rdv le 13 décembre.

La veille, à la radio, les messages d'alerte au verglas ne nous donnait pas une grande confiance.
Le jeudi matin, j'entends l’ascenseur : bonne nouvelle, il y a quelques jours il était de nouveau tombé en rade.
Sitôt le petit déjeuner pris et ma douche passée, ma mère décide de partir directement pour Poissy. Certes, le rendez-vous est dans l’après-midi, mais nous avons connu un trajet dans des conditions abominables il y a quelques années qui nous a traumatisés.

Nous sommes arrivés à Poissy avec plus de trois heures d'avance et la pluie verglaçante prévue n'était pas encore tombée.

Hop, on en profite pour allez vers le centre ville et visiter la collégiale de Poissy.
C'est dans cette ville que Saint Louis a été baptisé, la cuve utilisée en cette occasion est encore dans une chapelle latérale.
Une collégiale fin période romane : au niveau du chevet des fenêtres en arc de cercle surmontées d'oculi ; des chapiteaux très présents et sculptés, une tour lanterne octogonale ; des tribunes éclairées par une alternance de fenêtres en plein-cintre et d'oculi ; une entrée Ouest logée dans un narthex surmonté d'une imposante tour carrée...
bien sûr, le gothique a été ajouté par la suite...

hhôpital, transport, sante, architecture


En sortant de l'église, une petite pluie fine nous accueille. Vite, l’hôpital se trouve en hauteur par rapport au centre-ville, pas une minute à perdre : on risque de se trouver bloqués !direction le parking à coté du centre hospitalier.

Nous avons deux heures d'avance.
Bidules administratifs et nous retournons à la voiture pour manger.
Tranches de langue froide, cornichons, pain, crème au lait, clémentine... cela me rappelle la Pologne :la pose dej, c'est des « canapchés» parce qu'un polonais n'a pas les moyens d'aller dans un  restaurant. Comme au moyen-age, je me sers d'une large tranche de pain de campagne comme d'assiette et mange avec un couteau.

Après ce repas sur le pouce, je m'allonge sur la banquette et pose mon pied sur la plage arrière pour drainer.
Il reste quarante minutes, nous retournons à l'hôpital pour prendre un petit café et passer dans la salle d'attente.
Pas le temps de se poser : le chirurgien nous prend alors que nous avons à peine posé nos postérieurs...

Verdict :
Parce que je prends trois semaines de congés, il ne prolonge pas l’arrêt-maladie !
J'ai le droit de poser le pied et de marcher avec deux puis une canne !
Youpi !
Mon pied est tellement décalcifié que je n'y croyais pas !
Mais justement, comment favoriser la calcification due à l'immobilité si je n'ai pas la possibilité ni le droit de sortir ?

Enfin !

Prochaine étape : une rééducation compliquée par les revêtements verglacés en ces temps hivernaux.

 

Voir aussi :

Sur une route de Pologne en hiver

19:31 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hhôpital, transport, sante, architecture |  Facebook |  Imprimer | | |

06/12/2012

En deux temps trois mouvements.

En deux temps trois mouvements.
Quelle jolie expression.

C'est quand ont est diminué qu'on se rend compte des choses.

Les articles, les reportages montrent parfois des exploits sportifs réalisés par des handicapés.
Cela fait sensation, un peu d’Audimat et puis banalise les handicapes.
Tu as mal au pied ? Bof, c'est rien... regarde ce type qui a monté l'Anapurna avec des crochets à la place des mains... alors Camembert...

Bon, je ne me tape pas quotidiennement le Kilimanjaro, mais cela ne signifie pas que c'est simple !

En deux temps trois mouvements...

Rambo.jpgOui, et bien pour se déplacer, cela demande un minimum d'effort. On ne fait pas travailler les muscles de la même façon...Et surtout on est plus lent !
Même si je devais avoir la musculature de schwarzenegger cela me prendrait du temps.

Deux temps trois mouvements....

Énormément de petites choses du quotidien ressemblent à un parcours du combattant...
Sauf que cela ne sert à rien d'être un Rambo : il faut avoir une stratégie.

Là où n'importe quel simplet stréoïdophile ferait « deux temps,trois mouvements », il faut que le colonel Pierrot Trautman détermine toutes les étapes, et les  équipements nécessaires pour finaliser l'opération.
Cela demande d'anticiper pour ne pas se trouver bloquer avec les mains prises...
Glingueglingues
Pierrot, mon service en cristal !

Deux temps, trois mouvements.... cela me demande souvent quatre à cinq fois plus une fois passé la phase d'élaboration  pour faire les choses tous seul !

Souvent, on me coupe l'herbe sous le pied.
Ce n'est pas que je suis empoté ou que je ne veux pas foutre une rame, c'est que je suis en cours de réalisation du projet.... sauf que cela prend les plombes et donc, pour des gestes simples, ceux qui sont à coté de moi l'ont réalisé déjà alors que je suis en phase de préparation (comme par exemple faire un demi-tour avec le fauteuil pour avoir une plus grande longueur de bras et saisir ce qui a été mis quasi hors d porté )

Si il y a une chose sur laquelle cet accident aura été bénéfique c'est d'augenter mes capacité d’anticipation et d'optimisation des process...

sante

19:58 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante |  Facebook |  Imprimer | | |

04/12/2012

Patience !

Coup de téléphone du paternel ce matin...
Pour qu'il sorte de l'Assemblée c'est que mon petit mot sur facebook devait  vraiment être super poignant...
J'ai eu les résultats de la radio hier soir...
décalcification du pied...
Moi qui pensais pouvoir reposer enfin la jambe et marcher presque normalement c'est loupé !

Ma mère est plutôt cool, on rigole bien ensemble, mais c'est tout de même pesant de se faire servir depuis trois mois... trois mois sans véritable vie sociale, enterré vivant chez moi...
Je pensais pouvoir rependre le travail.. c'est probablement incertain avant encore un bon mois...
Je vois le chirurgien dans une semaine et demi, pas avant : il y a grève à l’Hôpital. On vérifiera ce que je puis faire...

Ma déception est au niveau de mes espoirs gâchés.

En apprenant la nouvelle, j'ai beuglé.
Je n'arrive pas totalement à pleurer...
Rire, m'amuser, pleurer, ce sont des choses qu'il m'a fallu réapprendre... Les deux premières, sont acquises... je suis même plutôt d'un  tempérament rigolard (comme pour rattraper le temps perdu?)
Mais en ce qui concerne les larmes, c'est pas encore totalement cela !
Pourquoi je m'étais mis dans la tête, enfant, qu'un mec ne devait montrer aucun sentiment ?
Quel connerie ce carcan des genres et des étiquettes.

Bref, il me faudra de nouveau être patient.
J'ai un chef de service plutôt cool : il préfère avoir un Pierrot utilisable au mieux de ses capacités. En fait, si on ne calcule pas trop ses heures dans l'équipe c'est qu'on est adulte, responsable, impliqué, polyvalent et qu'on s'entend bien ... cela permet une gestion souple.

Mais il me tarde tout de même de reprendre le travaille : il y a beaucoup de choses en mouvement, donc de nouveaux défis pour l’équipe ... en plus de mes défis du quotidien... (c'est fou à quel point on ne se rend compte de l'extraordinaire complexités des choses simples)

C'est le genre de choses stimulantes !

Verdict la semaine prochaine !

12:26 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante |  Facebook |  Imprimer | | |

29/11/2012

Baseball boy

J'ai rendez-vous chez le chirurgien lundi

Il me dira si je puis m'appuyer sur mon pied ou non.

Cela serait un très grand progrès, même si au début, les béquilles seront encore obligatoires pour un bout de temps...

C'est fou comme il est difficile de faire de simples choses quand on doit encore jongler avec ses béquilles.

Je me doute bien, que je ne risque pas de me mettre au baseball : avant même de penser à courir vers les bases, ce serait périlleux de manier la batte.

 

Mais dans la vie de tous les jours, quand on est encore obligé de se soutenir avec des béquilles, quelle difficulté de faire un strike avec sa batte matinale !

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Voir aussi :

Acrobaties matinales...

 

 

11:50 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante, homme |  Facebook |  Imprimer | | |

28/11/2012

Sac à patates

Sauver Willy
sante, poids, obesiteC'est comme cela que je pensais intitulé ce billet.
Et puis, je me suis rappelé que si l'orque est massif, ses formes résultent principalement de sa musculature.
Moby dick ?
Même dilemme : ce cétacé est un cachalot, et lui aussi est musclé et longiligne.

Mais pourquoi un tel billet ?

C'est que ma Matter m'a fait une remarque bien placé sur mon accoutrement.
Le Pierrot est il habillé trop « carnaval » ?
En fait, c'est le contraire : elle me reprochait de ne faire aucun effort vestimentaire, à croire que mon accoutrement était sciemment laid et « sac à patates »

Après réflexion, il y a un peu de cela.

Il fut une époque où j'essayais tout de même faire un minimum d'effort.
Mais depuis que je me suis expatrié de l'autre coté du périph', ce n'est plus le cas.
En fait, j'ai la hantise d'être « trop bien habillé ». J'avoue que c'est un forme de procès d'intention, vis à vis des habitants de banlieue, mais entre  l'épisode du gang des barbares et les autres faits divers du même acabit...


Mais mon véritable problème, c'est ma forme callipyge...

J'ai beau savoir que passer un certain âge, avoir de l’embonpoint est normal, rien n'y fait.
Je me regarde dans le miroir au sortir de ma douche et j'ai envie de gerber.

sante, poids, obesiteOn vit dans un monde qui fait tellement l'apologie de la minceur que le seul moment dans mon existence où j'ai été sûr de moi et me trouvant beau, c'est quand je faisais 50kg ( pour 1,70m). Je faisais peur à mes proches, mes côtes étaient saillantes au point qu'on voyait la cassure de leur remonté vers le sternum.
Ce poids à mes yeux si idéal, était maintenu uniquement parce-que je n'arrivais plus à manger. Ayant la capacité familiale de valoriser la moindre bricole, cette apparence ne pouvait s'expliquer que par le fait que je ne mangeais que trois fois par semaines. Autant dire qu'en fait, j'étais malade puisque je ne ressentais la faim que quand mon cerveau bourdonnait faute de sucre...

Mais rien n'y fait, j'ai encore cette apparence filiforme  dans la caboche.
C'est parait il totalement idiot, mais je me planque dans des accoutrement de taille XXL.
C'est un peu comme les religieuse avec leur robe de nonne et les musulmanes dans leur bourka : une négation des formes... de mes formes en l'occurrence ...

Après la réflexion bien senti de ma Matter, j'ai essayé une chemise...


sante, poids, obesiteUne chemise à rayure, dans le sens de la hauteur, ce qui doit à priori un peu estomper les largeurs. Les boutons se ferment sans risquer de sauter... donc à priori la chemise doit m'aller...
Contrairement au T-shirt que je passe sans un regard sur ma couenne, je suis évidement obligé de porter un coup d'oeil sur mon abdomen pour boutonner le vêtement...
Et là, malaise... au lieu de la forme concave c 'est du convexe.
Même si j'ai maigri depuis mon accident...
Même si les abdos se sont raffermis... 
Rien n'y fait, une seule pensée obsessionnelle : planquer cette horreur


Le sac à patates a encore gagné.

17:16 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante, poids, obesite |  Facebook |  Imprimer | | |

19/11/2012

Pierrot se prépare pour le Dakar


Il n'est pas nécessaire de rafistoler  une Deudeuch ou une 4L  pour faire un véritable périple digne du Paris Dakar ou de la croisière jaune...

jaune_01z.jpg.pagespeed.ce.XsCubgE5s6.jpgVendredi, ma mère (et garde malade) devait partir pour la Normandie.
Cela tombait bien car je voulais m'occuper de son cadeau : une petite surprise que je n'avais pas eu la possibilité de rapatrier car le site était en rade !
La boutique la plus pratique n'était pas la plus proche : rue de Rivoli.
Cependant en prenant deux bus, respectivement le 188 et le 38, je pouvais espérer y aller.

Je sors après une petite sieste, il est 14h30.
Prenant l’ascenseur, je descends au rez-de chaussé où là je dois ouvrir les lourdes portes de l'entrée sans me rétamer avec mes béquilles.

Quatre marches.
Je me contorsionne sur une jambe pour passer une béquille dans une sangle de mon sac à dos, et main gauche bien ferme sur la rampe, je sautille de marche en marche avec la béquille droite en sécurité.

L’arrêt de bus est à un peu moins de cent mètres. Il me faut longer l’immeuble, attendre pour traverser et enfin m'installer sur le banc.
C'est la première fois en trois mois que je prends un bus... Comble de la témérité je le prends seul !
Dix minutes plus tard, le 188 arrive. À cette heure, il est moins bondé que d'habitude. La place assise derrière le conducteur est libre.
casse-gueule.jpg
Je me hisse sur le sol du bus, et me dirige vers le siège, prêt à y poser le popotin...
Sauf que je n'avais pas vu une mini rambarde... Patatras, me voilà par terre !
Moi qui devait sous aucun prétexte appuyer le pied au sol depuis 3 mois, c'est loupé !
Que de difficulté pour escalader le siège dans un espace si réduit !

Nous voilà partis vers la porte d'Orléans.

Terminus, je suis le dernier à sortir, c'est qu'il m'a fallu me dégager de cet espace si étriqué !

Je saute en bas du bus et.... une des sangles de mon sac craque !
Déstabilisé !

Il faut absolument équilibrer les charges et éviter que le sac gigote sous les soubresauts de ma démarche de sauterelle unijambiste.


 Sur une jambe, comme une grue huppée j'enlève le sac et observe les dégâts.
C'est la petite barre en plastique de la boucle qui a sauté. Je pose le sac au sol, mon pied, gauche contre ma jambe droite (après la chute, mon peton se rappelle à mon bon souvenir), je descends progressivement et me stabilise avec les béquilles...Un nœud avec les sangles et je remonte à la seul force de ma cuisse. finalement, il n' y a pas que de la couenne dans ma cuisse, pour pouvoir faire cette manœuvre !

Je clopine vers le terminus de la ligne 38.
Pour cela, il me faut passer sur une passerelle en béton à cause des travaux de la ligne 4, traverser en deux temps une rue et remonter un trottoir.
2577717639_1.jpg
Sur mes béquilles,je dois appréhender d'autres types de danger et d'obstacles que ceux que je connaissais en fauteuil. Les feuilles sont un danger réel de chute ! Les étourdis ne remarque pas forcement lorsque je suis à l’arrêt que je suis sur des béquilles. Les grilles de protection des arbres risquent de happer le bout de mes cannes.
Là, c'est les taxi qui roulent. Le sol est en pavés, autant dire que l’adhérence des mes cannes est limitée !
Pas question de jouer du rodéo pour traverser les voies du boulevard des maréchaux et du tram. Un temps infini pour arrivé de l'autre coté. Le bus 38 parts devant moi. Je ne risque pas de courir ! En plus à quoi bon ? Pour se retrouver sans place assise ?

Je clopine jusqu'à une miséricorde au niveau de l’arrêt de bus, et utilise la poignée de ma canne pour maintenir mon ripaton à l'horizontal.
Une chance sur deux de pouvoir m’arrêter à Hôtel-de-ville, la station la plus proche du magasin...
Et bien, se sera loupé ! Ce bus à pour terminus Gard du Nord, il s’arrêtera à la tour Saint Jacques.

La première chose qui j'ai vu en passant les portes du libraire, c'est une belle chaise. Je m'y suis affalé pour reprendre mon souffle.

Une fois mes petites emplettes faites, je me suis souvenu que dans le coin, il y a une pharmacie.
Me voilà traversant la rue de Rivoli, une gageure quand on ne peut courir, longeant le BHV malgré les badauds d'autant plus nombreux que les vitrines commencent à changer et traversant la rue des archives.

Une fois dans l'officine, on s'est bien occupé de moi, un vrai petit pacha !
Une charmante demoiselle m'a proposé de m’asseoir sur un confortable fauteuil et m'a apporté de l'eau. Puis, munie des références et de ma carte vitale, elle m'a amener les chaussettes de contention, avant de les encaisser sans que j'ai à me lever de ce bien confortable siège !

Direction l'Agora, pour acheter entre autre les derniers DSI et  Los !

Bien crevé !
Je m'installe au troqué en face.
Je ne m'installe pas en terrasse mais bien DANS le bar. What ! I can't belive it !!!
Ist es möglich ? Ich bin Verblüfft !!!
DSC1_0057.JPGEt oui, grâce aux béquilles je puis m'installer dedans sans payer l'exorbitant supplément « terrasse ». C'est que en fauteuil, c'est terrasse obligatoire... qu'il fasse -15°C, un temps de chien, une pluie diluvienne, il est pratiquement impossible de faire autrement que de s'installer en terrasse... on n' a donc pas le choix de faire autrement que de payer au prix fort un simple café !

Là aussi , on est au petit soin pour moi. J'enlève mon pull et le pose sur la chaise en face de moi pour y installer mon ripaton.



Un petit pissou  avant de rentrer ?
Et non : je me suis déjà cassé la gueule une fois aujourd'hui... avec beaucoup de chance.
Là cela voudrait dire descendre d'un étage dans un escalier fait en céramique, essayer de sautiller sur un sol glissant non avare en niveaux et marches, toujours sur un sol en carrelage... bref, bien trop dangereux.



Je reprends le, jusqu'à la porte d'Orléans. Là, je laisse partir un 188 car il n' y a pas de place assise.
Je croise un voisin dans le suivant... heureusement car il y a vraiment beaucoup de monde à cette heure et l’accès à la porte risque d'être coton tout seul !

Ce périple en bus me confirme ce que je subodorais déjà : tant que je ne puis poser mon deuxième pied au sol, prendre les transports en commun aux heures de pointes pour aller au travail, c'est au delà de mission impossible !

mission.jpg


Enfin, les quelques marches de mon perron !
Plus qu'un ascenseur et je pourrais me reposer après ce long périple...

Sauf que...
Ascenseur en panne !
J'habite au sixième et ces vieux immeubles sont haut de plafond... cela me fait 12 escaliers et autant de demi pallier à me farcir sur le cul !
J'enfourne dans le sac mon manteau et mon pull, enfile les sangles pour le porter sur le bedon et commence une ascension digne de celle de l'Anapurna.
Je croise en route une voisine responsable au syndic, mon voisin redescendant travailler et une maman et son petit loupiot sortant de chez l’orthophoniste.
Je suis arrivé couvert de sueur...
Une bonne douche s'imposait avant de me faire cette petite injection quotidienne commencée dès le jour de mon accident...

Après une telle journée, je suis bon pour Koh lanta !

transport, transport en commun, santé

20:14 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : transport, transport en commun, santé |  Facebook |  Imprimer | | |

15/11/2012

Lazare se lève


Cela fait quasiment deux semaines que je fais de la rééducation.


Il y a deux semaines encore, je me déplaçais encore qu'en fauteuil.
Autant dire que je ne sortais pas !
Mais depuis presque deux semaines, je vois les choses de haut, au sens propre du terme : je me déplace avec des béquilles.

Chez le kine.JPGOh, pas de beaucoup : depuis mon chez moi jusqu'à la voiture, et depuis la voiture jusqu'à la salle d'attente du cabiné de rééducation.


Et pourtant, ces efforts quotidiens commencent à porter leur fruits : je me déplace moins lourdement que lors de mon périple jusqu'à Cora
Ce n'est toujours pas simple. Ainsi, même si j'ai rien dedans, je porte un sac à dos... dont le seul objet est de porter les sangles dans lesquelles je passe une des béquilles tandis que je me cramponne à la rampe d'une main ferme pour descendre (ou monter) l'escalier qui séparer le palier d'entré de mon immeuble du niveau de la rue.
Accompagné, je pourrais confier, le temps du franchissement, une des béquille, mais je souhaite savoir comment me dépatouiller seul... et j'ai mes raisons.

Une fois ma séance de kiné terminée, je pourrais très bien attendre au chaud, et surtout assis,l'arrivée de la voiture... et pourtant !
Je suis dehors, dans le froid, à faire les 50 pas (100 divisé par une paire de béquilles).
Pourquoi, si ce n'est la volonté de faire marcher les muscles nécessaires à mes déplacements.
Pourquoi donc me martyriser avec mon appareil d'élèctro-stimulation chez moi, faire des mouvements du pieds, des exercices de renforcements, des petits mouvements de micro-rotation, si ce n'est que pour récupérer suffisamment vite.

Cela commence à porter ses fruits...
Peut être pourrais-je imaginer une expédition téméraire, bien plus longue et fatigante que celle de l’aller-retour jusqu'à Cora...

 


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12:26 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sante |  Facebook |  Imprimer | | |

12/11/2012

Frais médicaux: l'addition SVP



Je viens de recevoir un courrier de ma mutuelle santé.

santeRemboursements des soins infirmiers.... et du transport en ambulance du 14 septembre

J'ouvre mon fichier Tableur pour mettre à jour.

Cela fait 3 mois que je suis sorti de l’hôpital et que nous devons ma mère et moi avancer les frais avant remboursements.

Après trois mois, le montant total est tout de même de 1300 euros – Sans les séances de Kiné !

Autant dire qu'il vaut mieux être riche quand on a un problème de santé !

Sur cette sommes, il ne restera que très peu à ma charge.

C'est le privilège d'être en France on a une carte de Sécu ET une mutuelle.

Je parle de privilège parce que je voyage suffisamment en Europe pour savoir que notre système de santé est exceptionnellement « généreux ».

Avec l'arrivée de la crise et les coupes dans les budgets sociaux demandés conjointement par les agences d'évaluation et la Stahlfrau  (la femme d'acier), autant dire que les quelques systèmes de santé européens vivent leur dernières heures !

13:18 Écrit par Pierrot dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante |  Facebook |  Imprimer | | |

11/11/2012

Petit mouvement deviendra grand

Petit mouvement de cheville.
Monter, descendre, monter, descendre le bout du pied...
Le ripaton est quasiment à 90° de la jambe...
Dimanche dernier, ce n'était pas le cas !
Dimanche dernier, faire ses simples petits mouvements des orteils étaient impossible !

santeUne toute petite rotation, presque rien, pas grand chose...
Un simili mouvement circulaire...
Pas de quoi casser une patte à un canard...
...et pourtant, il y a trois jours, c'était pas encore possible...
Les muscles atrophiés commencent à bouger.


Depuis lundi, les solides doigts de la  Kinée assouplissent les tendons, raidis par trois mois d’immobilité.
Parfois douloureuses ces quatre premières séances ont pourtant commencé à faire leur effet.
Mon appareil d'electro-stimulation me picote le semblant de jumeaux (le mollet) ou le jambier extérieur...
Et dès que possible, je fais des mouvements de petite amplitude qui me font ressentir le talon parfois.

En déplacement sur mes bequilles, la chaussette de contention favorise la circulation du sang, et limite les œdèmes.
 
Je suis encore loin de pouvoir marcher sur mes deux jambes.
Mais qui sait dans un mois avec une canne anglaise...

17:07 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante |  Facebook |  Imprimer | | |

09/11/2012

Pierrot fait du sport

Lundi, je suis devant un petit café...
Quoi de plus extraordinaire, me direz vous...sauf que...
Sauf que je suis assis sur un tabouret à un comptoir.
Cela ne m'était pas arrivé depuis trois mois !

Les rares fois où je suis sorti, ma mère devait nous pousser, nous tirer, nous hisser mon fauteuil et moi, l'état des trottoirs ne pouvant le plus souvent me permettre d'avancer seul. À vrai dire, il n'y a guère que les routes qui sont praticables.

santé,handicap
Il suffit d'un rebord à angle droit de 1 cm pour qu'elle ait besoin de poser son pied sur l’arrière du fauteuil pour soulever les roulettes. Trottoirs avec leur revêtement encore béant suite à des travaux, absence de revêtement, pente à plus de 3%,  absence de bateau... sont autant d'obstacles qui nous obligent à redoubler d'effort, à compenser, à se réfugier sur la route au détriment de la sécurité...

Il fallait que je puisse sortir de ce fauteuil, il fallait que je vois si je puis faire quelque chose sans déprendre totalement de ma mère... Ce serait bon pour mon  moral, cela aussi lui donnerait plus de liberté.

Lundi donc, juste après ma première séance de Kiné, je décide d'accompagner mum à Cora en béquilles.

La distance n'a rien d'extraordinaire : 300 mètres à tout casser. Et pourtant, qu'elle expédition !
Combien de temps ai-je mis pour faire ces malheureux mètres ! Maman, m'attendant avec son caddie, munie d'une grande patience et... d'un parapluie, biens utiles tout deux par ce temps exécrable.

Cela fait longtemps que je n'ai pas fait du sport. Même avec l’équipement, je suis loin d'être musclé comme il faudrait. Mais ce qui m'est le plus pénible, c'est le fait que tout le poids repose sur un seul pied, une seule anche... je finis par fatiguer de l'autre jambe, celle valide.

Une fois dans le centre commercial, je m'assoie sur un banc, pendant que mum s'engage dans le super-marché. Après avoir pris un peu de repos et séché un peu de la pluie, je décide de faire un petit tour dans le magasin : je souhaite offrir une saison d'une série à mum.
Je crapahute entre les rayonnages et passe à la caisse la plus proche de l'entrée. Une personne âgée avec une canne est devant moi. Elle me proposait de prendre sa place, mais je lui laisse poliment la place : priorité aux aïeux.
« Bonsoir », lui souhaite le jeune caissier...
petites plaisanteries entre nous, juste pour le fun, entre éclopés.
« Vous anticipez, parce que vos nuits sont plus belles que mes jours ? »
Le jeune Erwan pique un fard... et rigole franchement à ma plaisanterie en me rendant ma monaie.
Au loin, je vois qu'un tabouret haut du bar est libre... Mum n'est pas encore là. Je crapahute vers ce siège, me hisse et tout en sirotant, jette un coup d'oeil vers les rayons.
Un petit chaperon rouge passe  de temps en temps. Je la vois devant les légumes...
J'ai largement le temps de prendre une deuxième boisson avant qu'elle ne passe à la caisse...

Le retours a été aussi pénible que l'allée...
Je manque d'exercices.

17:15 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : santé, handicap |  Facebook |  Imprimer | | |