20.03.2011
Sendai
Sendai. Jusqu’à ces quelques jours fatidiques, pas grand monde ne savait que cela existait.
Fukushima, Hiroshima, Tchernobyl sont devenus synonymes d’apocalypses, tandis que Sendai dans l’imaginaire du quidam français renvoi aux réfugiés, au tremblement de terre, à l’irradiation et à un paysage dévasté.
Pour moi, Sendai, ce n’est pas que cela. J’ai en moi une autre vision, celle de l’avant 2011.
Il y a longtemps, si longtemps que cela me semble dans une autre vie. Mes parents étaient encore ensembles, nous étions encore dans une vaste maison dans laquelle ma mère s’était tellement investie… Je me souviens de mon laboratoire au fond du jardin : petite pièce où je fabriquais divers solutions, manipulant, acides et bases « maisons », fabriquant mes propres piles à partir de simples morceaux de ferraille, de solutions ioniques, de papier buvard… ma radio perso faite de vieux condensateurs et de bobines Tesla, mes mélanges plus que hasardeux et pas des plus recommandables (charbon, salpêtre...) … l’atelier où je taillais le bois…
Bref, il se trouvait que cette année là, j’ai eu comme superbe cadeau la possibilité de suivre le Paternel dans un de ces voyages d’affaire et de conférences… au Japon
De la ville, je n'ai pas vu grand chose, il faut aussi dire que la clim m'a été fatale... Je me souviens pourtant de ces rues animées avec les étalages : c'était la fête de Tanabata (wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tanabata)... Enfants heureux, déambulant, avec ce que je croyais être en premier lieu une pomme d'amour sur un bâton...
La conférence avait lieu dans un hôtel retiré dans la campagne.
Un matin, je suis sorti faire quelques pas. Rapidement, en suivant des petits chemins sinueux, je me suis trouvé au milieu de nul part, comme dans un autre temps.
Les petits chemins sillonnaient , quasiment invisibles, entre les champs de riz, petits lacs verts ondulants sous la brise. Je ferme les yeux, respire et me laisse gagné par la quiétude. Le vent passant sur les rizières apporte un musique régulière, douce, celle des tiges souples et des feuilles vertes se froissant comme de la soie. En ouvrant lentement les yeux, je suis plongé hors du temps. Sur les rizières formant une mer calme de verdure tirant légèrement sur le jaune, posés ici et là tels des cailloux abandonnés par un géant, des collines solitaires émergent. Les arbres et arbustes, d'un vert plus sombre, grimpent le long des pentes, les recouvrant de leur moutonnement. En cette matinée, un léger manteau de brume reste accrochée sur les hauteurs, sur les feuillages, adoucissant, et estompant les formes des collines, des rizières les plus éloignées...
Un petit coin de la région de Sendai, hors du temps, qui ne disparaîtra qu'avec moi...
08:29 Écrit par Pierrot dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : japon, sendai |
Facebook |






