27.10.2008

Chair à voie ferrée

RER B entre Laplace et Paris,

Dernier lundi d'octobre,

 Les visages sont fermés, les voyageurs amorphes, pas encore réveillés, la caboche déjà assommée de soucis...

Les tronches sont neurasthéniques et neurasthénisantes... A se demander lequel du troupeau  va sauter par la fenêtre de la bétaillère sur rail...

 Quand soudain, dans cette nuit des tunnels, un portable sonne...

Tadada tada tada... stridulent les petites notes enjouées d'une ritournelle enfantine...

 Saisissant !

Pendant un instant, visages surpris, esprits distraits et quelques voyageurs sortis de leur torpeur...

Ce sera la seule touche de gaité du voyage...

Déjà un silence pesant écrase la rame uniquement troublé par le bruit des roues sur les rails...

Les tronches une seconde relevées retombent dans leur physionomie d'un mauvais jour...

Nous sommes un lundi matin post jeudi noir...

 

Au moins dans la nouvelle "Chair à pavé"  (Les années fléaux de Norman Spinrad), les voyageurs étaient affublés de masques de Mickey ou de Donald souriants...

 

PS : Evitez de lire cette nouvelle en ce moment-surtout si vous avez besoin de Prozac...