04.03.2012

Fennec boy prend le train


Samedi 03 mars 2012

Ma chemise rouge,  accrochée au bouton de la fenêtre du train, sèche. Même si la couleur ne détone pas avec celle des fauteuils, des vêtements tendus comme cela, cela fait plutôt romanichelle. Fauteuils rouges ? Et oui, c'est d'autant plus incongru que je suis en première classe.

Labyrinthe-Chartres-thesee-minotaure-tuileries-543po.jpgJ'ai couru pour venir ici. J'ai eu pour une fois de la chance : même si une petite rechute m'a obligé de partir 15 minutes plus tard que ce que j'avais prévu, je suis arrivé sur le quai une minute avant le RER.
Après un slalom dans ce labyrinthe, bourré de Minotaures lâchés comme pour une ferria,  qu'est la station Châtelet, j'ai réussi à sauté sur le quai de la ligne 14 au moment de l'ouverture automatique des portes.
Cela ne devrait pas être un exploit puisque il y a une certaine signalétique... sauf que trop d'informations tue l'information. Thésée avait au moins l'avantage d'avoir un seul fil d'Ariane.
Le nombre de panneaux indicateurs en hauteur est tel qu'on fait des détours extraordinaires, nez au « vent », en espérant que ces déplacements, tenant plutôt de la géométrie fractale, daignent vous approcher de votre destination avec le moins de temps perdu.


Course également une fois arrivé à Saint Lazare... En âge, je voie l'heure ; j'ai encore le temps de prendre un billet. Il y a du monde devant les panneaux d'horaires. Je suis si fatigué de voyager dans des conditions pas toujours agréable,  quitte à bouffer des patates, je prends un billet de première classe... Tant pis, je ne risque pas de voyager avec la jolie apparition ... D'un autre coté, avec la sueur, Fennec boy risque de pas faire une touche !

Le haut-parleur grésille :
« Je tiens à informer les voyageurs debout ou assis sur les marches qu'il reste quelques places assises dans la première voiture de ce train »
  Voilà pourquoi j'ai grillé 10 euros !
 

16:23 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transport, train |  Facebook |

12.12.2011

Petit somme dans un champ de groseilles

Je suis dans le train de 5h20 (et plus 05h25 !), un lundi.
Cet omnibus s’arrête à Vernon. J’ouvre un œil au départ…
Ils sont là.
Ce n’est pas la première fois que je les vois dans ce train. Que font-ils ici ? Pourquoi en seconde classe ?
Père est assis de l’autre coté de l’allée. Il dort aussi raide qu’un piquet.
La propension à bien se tenir doit être tellement ancré en lui que même ici, dans  son costume-cravate à la coupe simple mais élégante, il ne saurait plier. L’écharpe est placée comme un col amidonné est sobre mais reste en un tissu tout à fait conforme aux critères de son milieu.

Les enfants sont de l’autre coté. L’ainé est assis de telle sorte que je ne puisse voir que le sommet de sa tête. La coupe militaire parfois  tombe en avant… Il finit la nuit. Plus tard je remarquerais que même en hiver, il porte une culotte courte et marron, genre scout d’Europe. En face de lui, coté fenêtre le cadet et le petit dernier coté allée. Tout deux arborent un costume, l’écusson de leur école cousu sur leur cœur. Les trois boutons de chaque manche n’ont aucun rôle fonctionnel. Les têtes  à la coupe propre - sans être aussi martial que  celle de leur ainé- sortent d’une chemise bleue au col amidonné et fermé par une cravate uniforme et sombre. Le cadet à la tête posée sur la vitre, il dort, le cou protégé en parti par un cache-nez en cachemire. Le petit dernier à la tête qui se dodeline sur un cartable rouge. Cette touche de couleur aussi pimpante semble tout à fait incongrue.

La famille Lequenoy fait son petit voyage hebdomadaire…

Père travaille dans un ministère quelconque, il dormira dans un logement « de fonction » loué des clopinettes, mais dont la différence est payée par le Tiers-Etat.
 Les enfants passeront la semaine dans leur école privée genre Stanislas ou autres écoles encore plus renommées…


Plus tard, cette élite de la nation ira à H4 (qui depuis quelques années accueille bien du bas monde, ma pauvre dame) puis se sera quelques grandes écoles françaises et étrangères...Un avenir tout tracé.
Ce voyage hebdomadaire est peut-être le seul moment de leur vie où ils côtoieront une caste inférieur…
Cependant, protégés par Morphée, les seules groseilles qu’ils verront de prés  sont celles d’une charlotte préparée par la cuisinière de la maison.

17.09.2011

Voyageurs tech pour train en toc

Paris 11h00
je suis dans le direct pour Rouen.
Levé ce matin à 6h00 pour finaliser les petites choses ménagères avant de partir...
tellement de choses à faire que je suis parti sur les chapeaux de roues en oubliant d'éteindre mon réveil matin.... "c'est les voisins demain qui seront ravis" !
Loupé le RER suite à une manifestation Av Victor Hugo à Bagneux... les quelques rares entreprises manuelles  encore dans la commune ferment : plus de clients (officiellement) en fait, c'était soit délocaliser pour avoir une main d'œuvre moins chère, soit avoir les banques qui coupent les vivres...
là encore, c'est toujours les mêmes qui trinquent.

C'est cuit pour l'omnibus de 10h20...
L'avantage de cet omnibus c'est qu'il est moderne et à étages. Donc même sans avoir réservé, il est possible – en courant sur le quai – d'avoir l'insigne privilège de choper un strapontin..
Quand on sait mes problèmes de santé, pouvoir rester assis n'est pas une option, c'est une obligation... sinon, il me resterait l'option d'être assis sur le sol...
Et bien, exit l'omnibus...

train, transport, sncf, internet, photo

Le direct n'a été affiché que fort tard, avec bien indiqué : 5 minutes de retard...
quai 22.
C'est un des vieux machins : ceux qui sont sans étage, aux WC merdiques qui de toute façon quand ils sont ouverts n'ont ni flotte ni papier... (22 euros pour cela).
Je fonce... sans réservation la probabilité d'être debout dans un train de ce type avoisine les 60% !
Arrivé à l'intérieur, bien loin, vers la machine je dépose mon sac et...
Haut parleur : le numéro  de quai indiqué n'est pas le bon !
Retour, sur le quai...
Vite....
Un agent nous arrête dans notre course : il nous indique un raccourci...
Vite, les escaliers quatre à quatre...
Puis un couloir, et de nouveau quatre à quatre pour remonter sur le bon quai...
En surface de nouveau la foule à essayer de dépasser pour avoir une place : ce train est plus moderne mais reste à un seul étage....
Monté dans un wagon,je « jette » mon ordi sur un siège et dépose le sac à dos dans un espace prévu à cet effet... retour à la place... ou j'essaie de retrouver un rythme cardiaque normal : courir avec un excès de poids, un manteau d'hiver et un sac à dos bourré (de 70 litres) en ayant arrêté le sport depuis des années...

Sauvé?
Peut-être pas : sans réservation, je ne suis pas certain de ne pas devoir gicler de ma place et de me retrouver dans le couloir...


Un jeune homme s'assoit à coté de moi.
« la place est libre ? »
Aussi libre que la mienne... c'est à dire que sans réservation, faut être joueur...
« Veuillez nous excuser  du retard (...) du à une panne de la motrice... »
  Pourvu que le train arrive à destination !

Je fais part à mon voisin en plaisantant d'une mésaventure en train. Comme j'ai sur mon portable une sauvegarde d'il y a quelques mois de mon blog, je lui présente le billet (Tous à l'Ouest)

Le temps passe assez vite quand on parle... Euh.. non... c'est plutôt moi qui parle... parfois soulant le Pierrot... comme pour rattraper mes 20 années de vie encrassées de  mutisme 
Il n'est pas dans le train pour le plaisir : il doit faire des photos de mariage... cela lui permettra de gagner quelques sous pour de son coté faire des photographies pour lui, qu'il pourra présenter sur son « book » : http://www.ludovicismael.com
Ludovic est photographe mais fait aussi dans le web-designer en free-lance.
Nous parlons également d'Internet... Ce qui est bien avec mon portable, c'est que je puis retrouver certains billets pour illustrer mon propos (le web c'est de l'info organisée)
Nous nous quittons à Rouen.. Ludo dois changer de train...
heureusement, la gare de Rouen a été prévenue du retard et la correspondance a été retenue à quai.

27.12.2010

Des baffes qui se perdent

Je suis arrivé au travail avec une demi-journée de retard

Les problèmes d'intempéries, on peut encore plus ou moins prévoir..

Mais Cela :

Les P* de greves et anulation de train !

baffeskiseperdent.jpg

 

Alors, qu'ils reglent leur problèmes entre eux et qu'ils nous fassent plus Ch* en prenant leur Usager pour des C*

19:00 Écrit par Pierrot dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : greve, transport, train, vacances |  Facebook |

01.10.2008

Le glaneur du Paris-Rouen

Vendredi, deuxième semaine de septembre.

Je suis dans le train pour Rouen qui, comme à son habitude en fin de semaine, est bondé.

Apres quelques voitures et compartiments parcourus héroïquement, et dans l’allégresse générale (mon sac à doc flattant les côtes et les bedons des voyageurs), je me décide finalement à installer un bout de fesse sur un rebord d’alcôve bourrée de bagage, mon sac à mes pieds pas (trop) dans le passage…

 

Parcourant l’espace du regard, mon intension se porte alors sur un jeune homme assis sur un strapontin. C’est que par sa mise et son attitude, il est différent de ceux qui s’entassent dans chaque volume du wagon : escalier, passage entre voiture, plateforme…

 

J’éprouve toujours des difficultés à donner un âge aux autres. D’une part parce que physiquement dans la famille on fait souvent moins que notre âge réel, et d’autre part (et surtout) parce que je n’arrive toujours pas à encaisser l’âge de mes arthrites… heu,… artères…

A la louche il doit avoir entre 18 et 25 ans. (Guère plus ?)

Si je ne suis pas un parangon de recherche esthétique au niveau des fringues, là je m’avoue battu …

Ses chaussures marrons du genre pataugeasses basses de randonnées sont loin de la première fraicheur.

De ses chaussettes quelconques (même pas de Snoopy ou de petit mickey !) sortent des gambettes couvertes de poils. Elles sont nues jusqu’au dessous des genoux, un bermuda difforme et marron clair –genre Scouts d’Europe- prenant alors le relais.

Il ne porte sur ses épaules qu’une fine chemise dont je n’arrive pas définir la couleur ou le motif…

Ces bandes sont elles vertes ou jaunes ? Le fin tissus est surtout délavé ce qui rend difficile de savoir si il s’agit d’une chemise à carreau ou à rayure…

Le voyageur semble avoir un sens de l’esthétisme très personnel, voir aucun, comme le suggère cette chemise ouverte sur le haut, l’échancrure impudique laissant à l’air libre une toison de longs poils bruns plaqués sur le poitrail. Les deux derniers boutons lui manquent ils ?

Pour finir, la coupe des cheveux bruns est vraiment simple, rigoureuse et dans un style d’avant les années 60. En fait, toute sont apparence  est celle d’un jeune homme qui aurait sauté directement des années du Général de Gaule au… début du XXIeme siecle….

Anachronisme total !

 Je ne serais donc pas le seul à ne pas me laisser dominer par le dictat de la Mode… Mais dans ce domaine j’ai rencontré ce jour là plus fort que moi !

 

Le filiforme Winnie l’Ourson, est penchée sur un carnet qui repose sur son mollet  transformé en pupitre improvisé. Là sur les fines pages, il note au crayon je ne sais quelle prose, jetant son regard aux alentours.

Ce n’est finalement pas tant dans cette absence de recherche esthétique que je me retrouve  en lui…

 

Ainsi, une autre personne plus ou moins hors mode aurait comme passion d’annoter ses pensées sur les petits choses du quotidien ?

 

Je ne serais donc pas le seul glaneur de petits riens…