17.10.2010
Le jardin de la clémentine
Samedi 16 octobre
« Je suis passé au Vaudreuil… la maison n’a pas beaucoup changé »
Cette petite remarque fait ressurgir des souvenirs…
Je me souviens de la maison de ma grand-mère…
« Tu devrais écrire » me dit Denise après que je lui ais décrit quelques souvenirs de la disposition des lieux…
Ce n’est pas si facile, car ma mémoire n’est pas que photographie, elle est dynamique.
La seule solution, c’est d’essayer de d’écrire le mouvement de mes souvenirs, Le Pierrot se déplaçant avec toutes les imperfections que cela suppose car je n’ai pas incrusté toutes les données des scènes.
Imagines, partant de Rouen tu viens de l’autoroute A13 sortie Louviers… Mais au lieu de continuer à droite vers Louviers, tu traverses l’autoroute, puis passes par une première voie rapide, là où il fut un temps gisait un « Formule Un »… Tu continues sur ta lancée, retraverse une voie rectiligne, passes par des contournements tarabiscotés pour rentrer au niveau des premières maisons du village du Vaudreuil. La route au début plus ou moins rectiligne devient petite rue sinueuse… Il n’est même guère aisé de se croiser… De plus en plus on s’enfonce dans le village, la rue sinuant se fraye un passage entre deux lignes de façades de maisons, ça et là entrecoupées par des petits passages.
Le ruisseau d’asphalte rencontre une première église qu’elle contourne comme elle le ferait d’un rocher… puis tu remontes vers une grande rue. Celle-ci, à main droite, traverse sur un pont l’une des branches principales de l’Eure, petite rivière aux nombreux bras qui alimente la Seine.
La petite route continue tout droit avant de déboucher sur ND et son cimetière qu’elle contourne sur la droite. Si le conducteur jette un regard à sa dextre il devinera parfois, dans les trouées des terrains habités, la rivière au loin.
Il longera le terrain de foot où mon cousin aîné s’entraînait tandis qu’un talus sur la gauche protége de la vue un parking. Soudain, juste après un petit chemin gravillonné à senestre, la rue fait un grand virage sur la gauche longeant un jardin … C’est là, entre le petit chemin et cette route qu’habitaient mes grands-parents…
Comment décrire le terrain ?
Imagine un triangle aigue dont les longs cotés seraient délimités part le chemin de terre et part la rue juste après le virage. C’est là qu’est le fond du jardin…
Imagines-toi petit oiseau et survolons pur aller de cette pointe à l’extrême limite du jardin à la maison…
Pourquoi ainsi au lieu de suivre l’entrée naturelle ? Parce que le pierrot à ses souvenirs d’enfant se délectant des groseilles et des cerises avant de rentrer à la maison…
A l’extrême pointe, je me souviens d’un jardin au sein même du jardin. Un petit espace clos par un portillon de grillage où les opulentes feuilles de rhubarbe s’étalaient… Je pense rhubarbe et une image me vient à l’esprit : celle de mon grand père assis à la table de la cuisine, tournant le dos à la porte de derrière et préparant les tiges de Rhubarbes avant de les donner à mamie qui en fait une confiture ou une compote…
Juste après le micro-potager, un vénérable cerisier étale ses branches. Il est si vieux qu’il est fendu. Une crevasse remplie d’eau où surnagent larves de moustiques et feuilles forme comme un mini-lac suspendu. De grosses branches d’où a suinté de la résine cicatricielle partent de ce bassin improvisé. Soutenues par un support, maintenues par un tire-fond, les grosses branches maîtresses alimentent un réseau de branches qui à la bonne saison donne de succulentes cerises rouge foncé. Un masque de chat tente de faire fuir les oiseaux avec ses yeux en bille de verre.
Monté sur la fourche du vénérable, au risque de me tremper les souliers, c’est un poirier que je vois en contrebas sur ma gauche. C’est le début aussi de la pelouse en forme de triangle délimitée par deux allées gravillonnées se rejoignant derrière moi, juste au niveau du petit portail du jardin à rhubarbe…
Sur la partie droite, rien de bien extraordinaire : la route est juste là. Ce n’est que bien plus loin, qu’un cordon de fruitiers sépare le gazon de l’allée…
A gauche par contre, l’allée longe une haie de groseilliers à maquereau puis à grappes… avant d’avoir des massifs de hautes plantes à fleurs qui n’intéressent pas plus que cela le gamin que je suis. Même le laurier sauce qui leur faisait suite, celui là même au niveau du portail de bois, ne me préoccupait pas…
Un peu plus loin, quasiment au milieu de la pelouse, un autre cerisier, bien droit et au tronc lisse. De ses cerises, je ne me souviens que leur coté bicolore : jaune et rouge orangé. La frondaison était hors atteinte, à moins de prendre une échelle… Ce n’était donc que lors des grandes récoltes familiales avec mes cousins qu’on pouvait les déguster, en en chapardant -un peu – au passage…
Remontant vers la maison, c’est un massif rond rempli d’iris. Un faux billot en ciment fait office de rocaille et accueille sur le dessus, des plantes du même nom. A droite ce que je pense maintenant être du genêt était le repère à escargots…
Toujours en avançant vers la maison, le cerisier droit dans le dos, un lilas lance ses branches… que de fois je suis monté dedans ! A l’angle opposé là où le grillage qui sépare le jardin de la route fait place à un mur, un autre cerisier, bien plus vieux que celui du centre du jardin, fait de l’ombre à un espèce d’amas de silex sur lequel court le lierre. Cet amas forme avec le Vénérable un des sommets du triangle de la pelouse.
Il faut passer une allée avant de tomber sur la plate-bande de muguet et de fraisier. A ce niveau là, un petit passe-pied permettait de retrouver la grande terrasse gravillonnée donnant sur la maison. Le minot que j’étais ne s’intéressait évidemment qu’aux succulentes petites fraises mais cette plate bande avait également une fonction décorative. Des arcs en métal élégamment portés par des poteaux accueillaient des rosiers grimpants.
Juste à coté du passe pied, le plus loin possible du portail en bois avec sa petite toiture et sa cloche, un impressionnant massif de lierre cachait au regard la pompe à godet….
12:20 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : jardin, le vaudreuil, vaudreuil, normandie |
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Le jardin de la clémentine
Samedi 16 octobre
« Je suis passé au Vaudreuil… la maison n’a pas beaucoup changé »
Cette petite remarque fait ressurgir des souvenirs…
Je me souviens de la maison de ma grand-mère…
« Tu devrais écrire » me dit Denise après que je lui ais décrit quelques souvenirs de la disposition des lieux…
Ce n’est pas si facile, car ma mémoire n’est pas que photographie, elle est dynamique.
La seule solution, c’est d’essayer de d’écrire le mouvement de mes souvenirs, Le Pierrot se déplaçant avec toutes les imperfections que cela suppose car je n’ai pas incrusté toutes les données des scènes.
Imagines, partant de Rouen tu viens de l’autoroute A13 sortie Louviers… Mais au lieu de continuer à droite vers Louviers, tu traverses l’autoroute, puis passes par une première voie rapide, là où il fut un temps gisait un « Formule Un »… Tu continues sur ta lancée, retraverse une voie rectiligne, passes par des contournements tarabiscotés pour rentrer au niveau des premières maisons du village du Vaudreuil. La route au début plus ou moins rectiligne devient petite rue sinueuse… Il n’est même guère aisé de se croiser… De plus en plus on s’enfonce dans le village, la rue sinuant se fraye un passage entre deux lignes de façades de maisons, ça et là entrecoupées par des petits passages.
Le ruisseau d’asphalte rencontre une première église qu’elle contourne comme elle le ferait d’un rocher… puis tu remontes vers une grande rue. Celle-ci, à main droite, traverse sur un pont l’une des branches principales de l’Eure, petite rivière aux nombreux bras qui alimente la Seine.
La petite route continue tout droit avant de déboucher sur ND et son cimetière qu’elle contourne sur la droite. Si le conducteur jette un regard à sa dextre il devinera parfois, dans les trouées des terrains habités, la rivière au loin.
Il longera le terrain de foot où mon cousin aîné s’entraînait tandis qu’un talus sur la gauche protége de la vue un parking. Soudain, juste après un petit chemin gravillonné à senestre, la rue fait un grand virage sur la gauche longeant un jardin … C’est là, entre le petit chemin et cette route qu’habitaient mes grands-parents…
Comment décrire le terrain ?
Imagine un triangle aigue dont les longs cotés seraient délimités part le chemin de terre et part la rue juste après le virage. C’est là qu’est le fond du jardin…
Imagines-toi petit oiseau et survolons pur aller de cette pointe à l’extrême limite du jardin à la maison…
Pourquoi ainsi au lieu de suivre l’entrée naturelle ? Parce que le pierrot à ses souvenirs d’enfant se délectant des groseilles et des cerises avant de rentrer à la maison…
A l’extrême pointe, je me souviens d’un jardin au sein même du jardin. Un petit espace clos par un portillon de grillage où les opulentes feuilles de rhubarbe s’étalaient… Je pense rhubarbe et une image me vient à l’esprit : celle de mon grand père assis à la table de la cuisine, tournant le dos à la porte de derrière et préparant les tiges de Rhubarbes avant de les donner à mamie qui en fait une confiture ou une compote…
Juste après le micro-potager, un vénérable cerisier étale ses branches. Il est si vieux qu’il est fendu. Une crevasse remplie d’eau où surnagent larves de moustiques et feuilles forme comme un mini-lac suspendu. De grosses branches d’où a suinté de la résine cicatricielle partent de ce bassin improvisé. Soutenues par un support, maintenues par un tire-fond, les grosses branches maîtresses alimentent un réseau de branches qui à la bonne saison donne de succulentes cerises rouge foncé. Un masque de chat tente de faire fuir les oiseaux avec ses yeux en bille de verre.
Monté sur la fourche du vénérable, au risque de me tremper les souliers, c’est un poirier que je vois en contrebas sur ma gauche. C’est le début aussi de la pelouse en forme de triangle délimitée par deux allées gravillonnées se rejoignant derrière moi, juste au niveau du petit portail du jardin à rhubarbe…
Sur la partie droite, rien de bien extraordinaire : la route est juste là. Ce n’est que bien plus loin, qu’un cordon de fruitiers sépare le gazon de l’allée…
A gauche par contre, l’allée longe une haie de groseilliers à maquereau puis à grappes… avant d’avoir des massifs de hautes plantes à fleurs qui n’intéressent pas plus que cela le gamin que je suis. Même le laurier sauce qui leur faisait suite, celui là même au niveau du portail de bois, ne me préoccupait pas…
Un peu plus loin, quasiment au milieu de la pelouse, un autre cerisier, bien droit et au tronc lisse. De ses cerises, je ne me souviens que leur coté bicolore : jaune et rouge orangé. La frondaison était hors atteinte, à moins de prendre une échelle… Ce n’était donc que lors des grandes récoltes familiales avec mes cousins qu’on pouvait les déguster, en en chapardant -un peu – au passage…
Remontant vers la maison, c’est un massif rond rempli d’iris. Un faux billot en ciment fait office de rocaille et accueille sur le dessus, des plantes du même nom. A droite ce que je pense maintenant être du genêt était le repère à escargots…
Toujours en avançant vers la maison, le cerisier droit dans le dos, un lilas lance ses branches… que de fois je suis monté dedans ! A l’angle opposé là où le grillage qui sépare le jardin de la route fait place à un mur, un autre cerisier, bien plus vieux que celui du centre du jardin, fait de l’ombre à un espèce d’amas de silex sur lequel court le lierre. Cet amas forme avec le Vénérable un des sommets du triangle de la pelouse.
Il faut passer une allée avant de tomber sur la plate-bande de muguet et de fraisier. A ce niveau là, un petit passe-pied permettait de retrouver la grande terrasse gravillonnée donnant sur la maison. Le minot que j’étais ne s’intéressait évidemment qu’aux succulentes petites fraises mais cette plate bande avait également une fonction décorative. Des arcs en métal élégamment portés par des poteaux accueillaient des rosiers grimpants.
Juste à coté du passe pied, le plus loin possible du portail en bois avec sa petite toiture et sa cloche, un impressionnant massif de lierre cachait au regard la pompe à godet….
12:19 Écrit par Pierrot dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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